Gel des évaluations foncières : l’AFMNB déplore la décision du Nouveau-Brunswick
Publié le 29 septembre 2025 à 17:03, modifié le 1 octobre 2025 à 16:12
Par: Alex Delcourt
La province du Nouveau-Brunswick imposera un gel sur l’évaluation foncières en 2026. Cette décision ne plaît pas aux dirigeants municipaux qui verront une partie de leur budget stagner.
« C’est une mauvaise idée. On l’a dit dès le départ. On n’a pas été consulté pour cette décision-là. » – Yvon Godin, président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick
Cette décision provinciale de geler les évaluations a été prise dans le cadre d’une réforme de l’impôt foncier prévue par Fredericton.
« Qu’on veut aider les contribuables. C’est louable. Qu’on veuille les aider, c’est une bonne chose. Mais il devrait y avoir d’autres manières. Le gouvernement a pris une décision facile. C’est-à-dire, geler les impôts fonciers. Une bonne nouvelle pour les contribuables. Mais ceux qui paient, ce sont les municipalités, ce n’est pas le gouvernement en réalité. » – Yvon Godin, président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick
Les maires de Shippagan et de Caraquet sont, eux, assez conciliants. Les deux élus comprennent la décision de la province qui vise à atténuer les impacts financiers de l’augmentation des impôts fonciers. Il s’agit tout de même de sommes considérables qui n’iront pas dans les poches des municipalités. Pour Caraquet, on parle de près de 400 000 dollars. Pour Shippagan, la perte de revenus s’élève plutôt à 500 000 dollars.
« Il faudra d’abord assumer ça dans nos budgets. Le fait qu’il y a un gel. C’est ce que les municipalités demandent. Est-ce qu’il y aurait moyen d’alléger ça. » – Bernard Thériault, maire de Caraquet
« C’est certain que ça va demander une gymnastique comptable lorsqu’on va se rencontrer pour faire les budgets. C’est certain qu’on prend ça en considération. On va s’assurer de ne pas trop impacter les citoyens. » – Kassim Doumbia, maire de Shippagan
Selon le président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick, cette annonce est une bonne nouvelle à première vue pour les propriétaires, mais pourrait vite venir les hanter.
« Si leur maison a augmenté de 6 % cette année par exemple et qu’augmentent d’un autre 6 %, c’est eux qui vont l’absorber. Donc, j’appelle ça un cadeau empoisonné. C’est simplement laisser respirer pour un an. Après ça, l’année suivante, il va falloir fort probablement qu’ils reprennent le retard qu’ils auront assumé à ce moment-là. » – Yvon Godin, président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick
Yvon Godin dit avoir une rencontre prévue avec la première ministre Susan Holt la semaine prochaine, où les élus discuteront de cette annonce. Il aimerait que le gouvernement revienne sur sa décision.