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Sécheresse: des Gaspésiens privés d’eau depuis plusieurs semaines

Publié le 26 septembre 2025 à 20:18, modifié le 26 septembre 2025 à 20:18

Par: Patrick Giguère

Être privé d’eau potable, c’est la dernière chose à laquelle on veut faire face. Pourtant, depuis le début de l’été, des résidents de plusieurs municipalités gaspésiennes doivent composer avec cette réalité en raison des faibles précipitations.

Autant du côté de Douglastown, Maria ou Port-Daniel-Gascons, des dizaines de personnes sont confrontées à la même situation : rationner leur consommation d’eau, voire s’en passer, en raison de la sécheresse actuelle.

« Depuis environ 14 jours, malheureusement, que ce soit pour flusher la toilette, se laver ou faire la lessive, on doit aller acheter des 18 litres d’eau malheureusement », raconte Jean-Olivier Couture, résident du quartier Douglastown à Gaspé.

« Depuis le mois de juillet qu’il n’a pas mouillé. Il y a des petites averses, ce n’est pas assez. Si ça gel de même, on n’a pas d’eau de l’hiver », craint une résidente de Port-Daniel.

« Je vais au quai parce qu’il y a des laveuses et des sécheuses. J’ai une de mes nièces qui m’a permis d’aller faire mon lavage chez eu aussi. (…) Comme je vous dis, le voisin là, ça fait cinq ou six fois qu’il se fait remplir [son puit] par les pompiers », mentionne Noëlla Langlois.

« On fait attention avec les lavages, l’eau, les douches. Ce sont des petites douches courtes. (…) Avec des enfants, ce ne sont pas facile? On fait avec. Eux, ils sont contents, ils ne prennent pas de douche! » lance en riant Colette, une citoyenne de la route 132 à Port-Daniel.

Non loin de chez elle, Yvon Duguay n’a pas eu d’autre choix que d’appeler un creuseur de puit, après avec été privé d’eau pendant un mois.

Total de la facture : 13 000$.

« Ça coûte chère la gorgée. Oui, avec l’aqueduc qui s’en vient. »

Les puisatiers de la région sont débordés d’appels depuis quelques semaines.

Forage Moreau, situé dans la Baie-des-Chaleurs, a creusé 81 puits cet été.

Chez Forage Touzel, à Gaspé, le propriétaire reçoit un à deux appels par jour.

Le manque de précipitations depuis l’été cause bien des maux de tête aux propriétaires de puits, surtout ceux dont la profondeur est inférieure à 100 pieds.

La nappe phréatique baisse aussi à chaque année.

« C’est un peu des deux [ de surface et artésien]. Ce sont plus les gens qui ont des puits de surfaces. Le monde qui a des puits dans la terre c’est moins pire, mais quand même ils manquent d’eau aussi », indique Robertson Touzel.

La Gaspésie, comme d’autres régions de la province, a reçu entre 25 et 50 % moins de précipitations qu’à la normale.

« Je vous dirais même qu’on est dans un top 5. C’est le quatrième mois de septembre le plus sec qu’on a enregistré depuis qu’on compile les données », fait savoir ce météorologue chez Environnement et Changements climatiques Canada, Julien Pellerin.

Et la patience sera encore de mise…

« Il y a une craque anticyclonique qui va s’installer sur la grande majorité du Québec ce qui fait qu’on n’attend pas des précipitations avant le 5 ou 6 octobre », indique M. Pellerin.

En raison de la situation actuelle, les villes de Gaspé, Percé et Murdochville ont demandé à leurs citoyens de modérer leur consommation d’eau potable.

À Port-Daniel–Gascons, la municipalité prolonge l’ouverture de son kiosque d’information touristique afin d’offrir des services de base aux personnes concernées.