Grève chez Postes Canada : bientôt la fin du service en régions rurales?
Publié le 26 septembre 2025 à 17:00, modifié le 26 septembre 2025 à 17:00
Par: Charles Boisvert
Plusieurs mesures ont été annoncé par Ottawa pour réformer et sauver Postes Canada. Un moratoire sur la fermeture des bureaux de poste dans certaines municipalités rurales sera levé après plus de 30 ans et cette nouvelle ravive des inquiétudes dans la région.
Près de 33 ans plus tard, c’est le même combat. « On a occupé le bureau de poste et la municipalité pendant 59 jours », rappelle Richard Cimon, porte-parole de Saint-Clément contre la fermeture des bureaux de poste à l’époque.
En 1993, Richard Cimon et plusieurs autres citoyens s’étaient mobilisés à Saint-Clément pour conserver les bureaux de poste en milieux ruraux. « Pour une fois, dans une municipalité, c’est toutes les tranches d’âge qui s’étaient impliquées », ajoute-t-il.
Aujourd’hui, en 2025, l’histoire semble se répéter. Ottawa met fin à la livraison du courrier directement à la maison et à la distribution quotidienne. Les régions se retrouvent devant un fait accompli.
« Les régions éloignées et la population vieillissante sont mis un peu à l’écart avec ces mesures-là », mentionne Étienne Lévesque, président de la section syndicale du Syndicat des travailleurs et travailleuses de la poste (STTP) du KRTB.
Service essentiel
Conséquence : entre vingt et trente bureaux de poste du KRTB sont en danger de fermeture, selon le syndicat régional.
Richard Cimon s’inquiète des impacts, notamment pour les personnes âgées et à mobilité réduite. « C’est la personne d’un certain âge, qui a déjà un proche aidant, qui est dans un rang, qui reçoit sa carte de Noël. Il y en a encore qui envoient des lettres, les petits-enfants, envoient des dessins. Ils ne pourront plus », illustre-t-il.
Le député de Rimouski-La Matapédia, Maxime Blanchette-Joncas, a réagi en exprimant ses « profondes préoccupations face à la réforme annoncée », la qualifiant comme étant « irresponsable et irrespectueuse ». Il déplore que le gouvernement Carney agit sans consulter le Québec et réclame une consultation publique.
Malgré les nouvelles technologies, la poste reste un service essentiel en milieu rural, estime Richard Cimon. Selon lui, un référendum devrait être envisagé.
« Il faut demander aux gens, qu’est-ce qu’eux, ils veulent. C’est ça qui est important. Si je veux un service, je suis prêt à le payer », indique-t-il.
Désormais, les citoyens en milieux ruraux devront se tourner vers des boîtes communautaires pour récupérer leur courrier. Une annonce qui pourrait décourager les gens à s’installer en région éloignée.
« Ce n’est pas une fermeture de bureau de poste, il faut bien le comprendre. C’est une fermeture de municipalité qui est annoncée », affirme Richard Cimon.
Incertitude chez les facteurs
Une grève nationale illimitée a d’ailleurs été déclenchée à la suite de ces mesures. La convention collective des employés de Postes Canada est échue depuis janvier 2024.
« C’est normal que peut-être que si on va livrer dans des places plus éloignées, qu’on soit moins rentable que d’autres, mais c’est le mandat qu’on a », soutient Étienne Lévesque.
Les facteurs, eux, se retrouvent plongés dans l’incertitude. « On est tanné. Je suis tannée. Hier, ça a été l’effet d’une bombe », lance Geneviève, une factrice.
« Faut que ça bouge. Va falloir que ça cesse et que l’employeur se décide enfin à régler ce conflit-là », renchérit Samuel Dugrenier, délégué syndical du STTP à Rivière-du-Loup.
La dernière offre dans les négociations a été déposée par le syndicat le 20 août. Depuis, c’est silence radio de la part des patrons. Pour la suite, un arbitrage est souhaité par le syndicat afin d’arriver à une entente.