Réforme du régime forestier : Québec met la hache dans le projet de loi 97
Publié le 26 septembre 2025 à 15:03, modifié le 26 septembre 2025 à 17:20
Par: Louis-Philippe Morin
Québec annonce qu’il mettra la hache dans le controversé projet de loi 97 sur la réforme du régime forestier. François Legault l’a affirmé hier au Congrès de la Fédération des municipalités du Québec… et les réactions régionales n’ont pas tardé. Si le projet de loi de la réforme du régime forestier était loin de faire l’unanimité, il y avait, dans ce document, bien des choses qu’on aimerait garder en vue d’une autre réforme à venir.
François Legault a officialisé l’arrêt de mort du projet de Loi sur la réforme du régime forestier… lui qui avait pourtant mandaté l’ex-ministre de la Forêt à cette tâche. Au cours des dernières semaines, le premier ministre a remanié son cabinet, Maïté Blanchette-Vézina a été remercié et a claqué la porte de la CAQ, déçue.
« Je pense que le projet de loi, effectivement, avait des changements importants à y être apporté. (…) Malheureusement, le premier ministre, à ce moment-là, ne voulait pas qu’il y ait de changements importants au projet de loi. Il avait même dit publiquement. Là encore, il recule et revient sur sa décision. », nous dit Maïté Blanchette-Vézina, député indépendante de Rimouski.
Tous les acteurs du milieu forestier sont d’accord : les communautés qui vivent de la forêt souffrent parce que le régime actuel doit être constamment amendé pour s’adapter aux réalités du terrain.
« S’ils veulent qu’on mette du bois sur le marché, justement, ça nous prend un droit de produire. Les propriétaires, comme là, sont assez serrés, et avec les règlements, et tout… Là, il faut leur donner un peu d’air si on peut dire. », lance Gaétan Boudreault, président de la Fédération québécoise des propriétaires forestiers.
Le gouvernement Legault a décidé de retourner à la table à dessin… avec un nouveau ministre de la Forêt, Jean-François Simard. Selon ce qu’il est permis de comprendre, ce dernier veut « repartir sur de nouvelles bases ».
« Ça va être encore long. On sait qu’il va y avoir des élections en 2026. Est-ce que ça va changer le gouvernement? Est-ce qu’on va tout faire l’étape encore de travailler tout l’hiver sur ce dossier-là pour retomber juste avec une lecture au printemps, et que ça tombe à l’automne? Ce qu’on demande, c’est une stabilité. », se désespère Guy Gallant, directeur général du Syndicat des producteurs de bois de la Gaspésie.
La grogne a été presque instantanée face à cette réforme… mais, à bien y réfléchir, il y avait de bonnes idées… des éléments qu’il faudrait retrouver dans la prochaine mouture.
« Et les règlements municipaux à la hauteur des MRC. Ça, c’est important pour nous aussi. On sait qu’il y a une panoplie de règlements pour tous les producteurs. Nos producteurs ne savent plus où aller… Par rapport à chaque municipalité. Même, nos ingénieurs qui font des prescriptions, c’est beaucoup d’ouvrage, et c’est très contraignant. En ramenant ça, aux MRC, c’était moins contraignant. », souligne monsieur Boudreault.
Pendant que Québec réfléchit à une nouvelle version de son régime forestier, sur le terrain, les producteurs, qu’ils soient privés ou qu’ils travaillent sur les terres publiques doivent savoir sur quel pied danser.
« Nous, qu’on a vraiment, de ce temps-ci, qui vient changer notre donne, c’est vraiment toutes les réglementations que Trump a mis avec ses tarifs. On ne semblait pas avoir trop de répercussions, mais là on commence à en avoir. (…) Je ne sais pas si le gouvernement devrait travailler beaucoup plus là-dessus, présentement que sur un nouveau régime. », termine monsieur Gallant.