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Plan de gestion de l’orignal : un projet qui a du panache?

Publié le 22 septembre 2025 à 15:54, modifié le 22 septembre 2025 à 17:23

Par: Louis-Philippe Morin

Après, plus de 10 ans, Québec s’apprête à dévoiler un nouveau plan de gestion « modernisé » de l’orignal. Le document pourrait modifier les méthodes actuelles de gestion de la chasse. Les acteurs du milieu souhaitent une annonce claire menant à une meilleure gestion des cheptels.

Alors que les chasseuses et les chasseurs de la région se préparent à une autre saison à l’orignal, le nouveau plan gouvernemental de gestion du roi des forêts, dont le dépôt est prévu pour la fin de l’automne, en intrigue quelques-uns.

« Je sais que le ministre veut signer ça à l’automne, le plan de gestion… Pour qu’il soit prêt pour 2026. Mais, on doit avoir d’autres discussions avant qu’il signe cet automne pour peut-être essayer de… grafigner un peu du stock pour qu’ils finissent, peut-être, par changer d’idée sur certaines choses. », nous dit Alain Poitras, président régional de la Fédération des chasseurs et pêcheurs.

Résultats de vastes consultations menées par le ministère de la Faune, le plan veut, entre autres, annuler la chasse à la poudre noire. Une activité populaire auprès des amateurs.

« Nous, la Fédération provinciale, on se dit : pourquoi vous ne laissez pas les régions décider de leur sort eux-mêmes? Il y a des biologistes dans chaque région… Pourquoi vous ne les laissez pas faire. Eux, ils veulent uniformiser ça à la grandeur de la province. C’est encore un des débats qu’on va avoir affaire cet automne avant qu’ils signent. », poursuit monsieur Poitras.

On voudrait aussi uniformiser le tirage au sort pour le permis à la femelle. Dans la région, cette proposition ne change rien, puisqu’elle est déjà en vigueur. Par contre, les chasseurs voient, derrière cette mesure, un moyen d’augmenter les revenus liés à la chasse, puisque l’inscription au tirage n’est pas gratuite.

« 8 dollars 50 par demande. Si je calcule : l’année dernière, je suis sorti quinze millième. Je n’ai pas été choisi. Mais quinze mille… Je n’étais pas le dernier sur la liste. Il n’avait peut-être 20 au 24 mille qui avaient appliqué. Si vous évaluez ça, toute la province, c’est mon étirement qui va aller chercher l’argent. », indique le chasseur d’expérience Pierre Henry.

Alors que le gouvernement semble vouloir régir tout ce qui entoure la chasse à l’orignal, ceux qui sont sur le terrain estiment que rien de supplémentaire n’est fait pour assurer la gestion et la surveillance du territoire.

« De Matapédia, aller à Gaspé, je vais en mettre en masse des gardes de chasse. Je vais en mettre 15 et il n’y a même pas ça. Il y a déjà eu un temps, à New Richmond, on en avait 35 agents… Aujourd’hui, on en a trois ou quatre. », s’insurge monsieur Henry.

Rien n’est signé et les discussions se poursuivent alors que les chasseurs prennent la direction des bois… Le cheptel d’orignaux gaspésiens se porte bien et tous espèrent que ce nouveau plan puisse assurer la pérennité de leur activité préférée.