Colloque du Réseau québécois des aéroports : discuter des enjeux pour les aéroports régionaux
Publié le 16 septembre 2025 à 17:01, modifié le 16 septembre 2025 à 17:01
Par: Charles Boisvert
Comment développer les aéroports régionaux? C’est l’une des questions qui retient l’attention au colloque annuel du Réseau québécois des aéroports, qui se déroule pour une troisième fois à Rivière-du-Loup.
L’Hôtel Universel est transformé cette semaine en lieu d’échanges pour les 125 membres du Réseau Québécois des Aéroports. Une façon de mettre en valeur les aéroports régionaux.
« Les aéroports sont des forces motrices pour les collectivités », explique Serge Côté, directeur général du Réseau québécois des aéroports.
« La région est un développement économique important quand on parle côté aéroportuaire », mentionne Jimmy Émond, président de Panorama Aviation.
« Pour nous, c’est une belle fierté, et on est fier de les accueillir ici », indique pour sa part Mario Bastille, maire de Rivière-du-Loup.
Financement difficile
C’est l’occasion de discuter des nombreux enjeux pour les aéroports régionaux. L’un d’eux est le financement.
« On constate qu’il n’y a pas de programme d’aide financière », souligne Serge Côté.
« Je pense que les aéroports sont un peu à bout de souffle », ajoute Jimmy Émond.
L’une des solutions, c’est faire preuve de créativité. Comme l’Aérodrome Lac-Saint-Jean, situé sur une bleuetière.
« Ce qu’ils font, c’est qu’ils récoltent les bleuets chaque année et ils réinvestissent dans l’aéroport », illustre Jimmy Émond.
Pénurie de 3000 pilotes
Un autre enjeu, c’est un manque de main-d’œuvre. La Ville de Rivière-du-Loup indique avoir la volonté de réimplanter une école de pilotage.
« Plus il y a l’école de pilotage au Québec, mieux on se porte. Ça nous permet de donner une chance à des jeunes d’embarquer dans un domaine, un métier qui est vraiment passionnant », affirme Marco Prud’homme, président de Nolinor Aviation.
« Il y a une pénurie d’environ 3000 pilotes au Canada. C’est une pénurie qui est mondiale », précise Yani Gagnon, copropriétaire de Pascan Aviation.
Le volume de passagers dans les déplacements interrégionaux n’est pas revenu à son niveau prépandémique. L’aéroport de Rivière-du-Loup sert quant à lui à des usages privés, militaires et médicaux.
« Ce n’est pas toutes les villes, toutes les municipalités du Québec, qui ont la chance d’avoir un aéroport, mais ça vient avec de grandes responsabilités », mentionne Mario Bastille.
« De voir comment on peut, à l’intérieur de notre vocation, augmenter le niveau des revenus », ajoute Carl Thériault, président de la Corporation de l’aéroport de Rivière-du-Loup et conseiller municipal.
L’innovation et le développement économique sont aussi au cœur des discussions.
« Il y a le have to have. Et il y a aussi le nice to have. Donc au niveau innovation, c’est facile de tomber dans l’excès », explique Yani Gagnon.
Le colloque se terminera jeudi matin. Les différents membres visiteront l’aéroport de Rivière-du-Loup.