Retour du train passager en Gaspésie : VIA Rail déçoit encore
Publié le 5 septembre 2025 à 14:59, modifié le 5 septembre 2025 à 14:59
Par: Louis-Philippe Morin
Le PDG de VIA Rail, Mario Péloquin, a tenu des propos qui ont surpris et déçu ceux qui plaident pour le retour du train en Gaspésie, lors de l’assemblée publique annuelle tenue le 21 août dernier. Selon lui, des problèmes techniques empêchent le train de se rendre à New Carlisle.
ALEXIS DESCHÊNES | député, Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine-Listuguj
MICHELINE STE-ONGE | gestionnaire et porte-parole, Coalition pour le retour du train passager
On le sait, VIA Rail l’a déjà confirmé, le train passager ne reviendra en Gaspésie que lorsque le rail se rendra sécuritairement à Gaspé. Par contre, plusieurs plaident pour le retour partiel de ce service jusqu’à New Carlisle… les travaux étant presque terminés. Une idée qui a été torpillée en quelques secondes, alors que le PDG de VIA Rail participait à l’Assemblée publique annuelle de l’organisation.
« … et puis on l’entend souvent, que les gens aimeraient un retour partiel. Malheureusement, c’est impossible à cause des logistiques des trains, la marche arrière et des choses comme ça, simplement, qu’on ne veut pas faire et qu’on ne peut pas faire. », dit Mario Péloquin, lors de l’Assemblée générale des derniers jours.
Une déclaration qui fait sursauter ceux qui, depuis des années, militent pour le retour du train passager…
« On nous dit qu’il y a beaucoup de questions, on nous dit qu’il y a un intérêt incroyable de la part des gens… Mais le PDG dit, par contre, c’est impossible d’assurer un retour partiel. Moi j’ai sauté ça de haut sur mon siège, parce que c’est faux, c’est erroné! Le PDG est visiblement mal informé et doit rectifier ses propos. », affirme Alexis Deschênes, député de Gaspésie-Les Îles-de-la-Madeleine, Listuguj.
« Le train de VIA Rail a viré à New Carlisle pendant deux ans… Presque deux ans… Et ça n’a jamais causé de problèmes. C’est vraiment particulier que là, tout d’un coup, il ne peut pas où il ne veut pas, comme il le dit dans sa présentation de l’assemblée publique annuelle, reculer quand il vient en Gaspésie. », ajoute Micheline Ste-Onge, porte parole pour la coalition pour le retour du train passager en Gaspésie.
Après vérification, le triangle de virage que doit utiliser une locomotive pour changer d’orientation est encore installé à New Carlisle… mais la structure aura besoin d’une réfection. Entre temps, ceux qui sont au cœur du dossier croient qu’il y a d’autres solutions.
« Il n’y a plus de triangle de virage à Halifax… Le train est organisé en conséquence. Il y a deux locomotives et tout ça. Le train ne tourne plus, il ne tourne plus à Halifax, il ne tourne plus à Churchill. », note madame Ste-Onge.
Des invitations sont même lancées au PDG de VIA Rail afin qu’il valide, de ses yeux, ce que disent les experts de la région…
« Je lui demande de rectifier ses propos et je l’invite à venir en Gaspésie visiter le tronçon qui sera fonctionnel. On doit ensuite constater l’état des lieux et travailler en partenariat pour contribuer un retour le plus rapidement possible. Mais nous n’acceptons pas de se faire dire quelque chose qui est faux. », ajoute le député Deschênes.
Cette autre gifle au visage des gens de la région arrive au moment où se tiendront, samedi, des rassemblements dans chaque gare pour exiger le retour du train en Gaspésie.
« Il ne faut pas sous-estimer l’importance de ces rassemblements-là. C’est important, c’est un message qu’on envoie, beau temps mauvais temps j’invite tout le monde à se présenter. Si on veut obtenir ce service-là, il va falloir qu’on se tienne et va falloir qu’on travaille ensemble, il va falloir qu’on se rassemble. », propose l’élu.
En additionnant ces gestes citoyens, en continuant de mettre de la pression sur les décideurs et en montrant, statistiques à la main, que près de 5 mille déplacements sont effectués par train annuellement, par les Gaspésiens, ceux qui militent pour le retour du train passager espèrent que la locomotive se mettra en marche.
« Ça va finir par bouger, c’est sûr. », sourit madame Ste-Onge.