Manque de main-d’œuvre : les CPE toujours en attente
Publié le 3 septembre 2025 à 16:56, modifié le 4 septembre 2025 à 13:50
Par: Charles Boisvert
Les CPE seront-ils finalement entendus par Québec? Les éducatrices non qualifiées ne peuvent toujours pas combler certains quarts de travail, malgré le manque de main-d’œuvre. Les directions attendent une décision.
Denis Blais, directeur du centre de la petite enfance Les Calinours, somme une fois de plus le gouvernement du Québec d’agir.
« C’est beau de dire “on est très ouvert au changement et aux modifications”, mais là ça nous prend une réponse parce qu’on a des décisions à prendre dans les directions sur l’ensemble du Québec. On est en pénurie de personnel », affirme-t-il.
Les actuelles règles compliquent le recrutement pour le nouveau CPE de 50 places dans le quartier Notre-Dame-du-Lac à Témiscouata-sur-le-Lac, dont l’ouverture est prévue au plus tard en octobre.
« J’ai des postes disponibles. Des postes temps complet, permanents, avec tous les avantages qui viennent avec », mentionne-t-il.
L’AQCPE nuancé
De son côté, l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE) ne veut pas suspendre le règlement, craignant pour la qualité des éducatrices, mais souhaite bouger du statu quo. Elle espère cibler certaines mesures plutôt qu’assouplir le règlement. Un sondage mené cet été auprès de 300 directions de CPE a démontré un appui à plus de 90 % au changement de la règle. Les postes des fermetures sont particulièrement difficiles à combler par des éducatrices qualifiées.
« C’est les postes les moins convoités par les éducatrices qui sortent du milieu, parce qu’on ferme à 18 heures à tous les soirs. Et ces femmes-là, la plupart ont des enfants et des familles. Finir à 18 heures le soir, ce n’est pas l’idéal », souligne Denis Blais.
Il indique avoir rencontré des membres du cabinet de la ministre de la Famille, Suzanne Roy, il y a deux semaines. Cependant, l’attente perdure en raison du remaniement ministériel prévu dans les prochaines semaines.
La ministre en réflexion
Par courriel, la ministre Suzanne Roy indique être au fait des revendications. Elle précise que « des assouplissements ont déjà été apportés par le passé » et que « des réflexions sont en cours afin de procéder à de nouvelles modifications ». Les discussions avec l’AQCPE et le Conseil québécois des services éducatifs à la petite enfance (CQSEPE) se poursuivent.
Si rien ne bouge à court terme, certaines installations pourraient se retrouver en bris de service.
« Là, je suis à égalité avec mes besoins, mon offre et mes besoins d’éducatrices, mais je ne suis pas à l’abri qu’une fille, deux filles, trois filles tombent enceintes. Et je tombe en situation de bris de service », indique Denis Blais.
L’offre répond à la demande
Le manque d’éducatrices s’explique notamment par la création de nombreuses places en garderie. Le Témiscouata est un exemple à suivre au Québec.
« Présentement, ce qu’on sent, c’est que l’offre des places est en train de répondre à la demande et aux besoins des places de notre population. Et ça, c’est une très bonne nouvelle pour les gens du Témiscouata », se réjouit-il.
Les CPE Les Calinours accueillent d’ailleurs des enfants de plus en plus jeunes. Denis Blais affirme que des places en centre de la petite enfance ont été offertes à des bambins de trois mois au Témiscouata. Certains patientent aussi sur une liste d’attente.