Des scientifiques à la pêche à Baie-des-Rochers
Publié le 20 août 2025 à 18:15, modifié le 20 août 2025 à 18:15
La préservation des milieux côtiers de Baie-des-Rochers préoccupe les scientifiques. Le comité ZIP Saguenay-Charlevoix a reçu 215 000 $ pour étudier les espèces de son secteur marin et élaborer un projet de restauration. Une équipe récolte actuellement de précieuses données.
C’est jour de pêche pour l’équipe chargée de la caractérisation écologique de Baie-des-Rochers. Le projet de restauration de ses marais maritimes passe d’abord par une vaste analyse.
« On prend le temps de faire le topo de tout ce qui est flore, faune, puis également l’état du milieu, entre autres sur l’état des berges, puis les traits de côte pour avoir une meilleure compréhension de ce qui habite à Baie-des-Rochers », détaille Éléonore Cusson, coordonnatrice de projets du comité pour la région de Charlevoix.
« On ouvre l’œil là, à savoir s’il y aurait des espèces à statut, donc qui méritent une protection supplémentaire ou des espèces qui sont commercialisées par exemple », ajoute sa collègue coordonnatrice au Saguenay, Charlie Wentholt.
La baie doit sa réputation à la beauté de ses paysages, mais aussi à son environnement unique. « C’est vraiment un milieu qui est super intéressant, parce que là il y a la rencontre de plusieurs écosystèmes. Il y a quand même un apport d’eau douce ici avec les rivières, les ruisseaux qui viennent rencontrer l’eau saumâtre de l’estuaire moyen du Saint-Laurent », explique la biologiste marine.
Mais cette popularité a un prix. L’achalandage touristique est de plus en plus élevé, ce qui menace l’équilibre écologique de la baie. « La plupart des gens qui utilisent la Baie-des-Rochers n’ont pas l’intention de détruire le milieu, mais c’est plus par l’accumulation de l’usage ou par une méconnaissance, par exemple de telle espèce d’oiseaux ou de plantes qui pourraient être à protéger », précise Éléonore Cusson.
La coordonnatrice indique que les données recueillies permettront d’orienter les interventions prévues en 2026. « Ça peut autant être de protéger un certain secteur, c’est-à-dire de baliser pour éviter que les gens aillent à cet endroit-là qui piétinent par exemple ou qui dérangent les animaux, comme ça peut être la restauration active, par exemple la plantation de plantes marines. »
Le Comité ZIP Saguenay-Charlevoix ne travaille pas en silo, il consultera la population dès cet automne. L’avis des citoyens sera pris en compte pour leur projet de restauration.