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Parasites MSX et Dermo: l’entreprise Les Huîtres Old Harry s’oppose à la décision du fédéral

Publié le 31 juillet 2025 à 15:54, modifié le 31 juillet 2025 à 15:54

Par: Leo Hudon

Les Huîtres Old Harry s’active afin de protéger son élevage. D’après l’entreprise, l’Agence canadienne d’inspection des aliments et Pêches et Océans Canada permettraient l’entrée d’huîtres contaminées sur l’archipel.

La décision fédérale de permettre l’importation d’huîtres en provenance de zones infectées par les parasites Dermo et MSX révolte Les Huîtres Old Harry. D’après l’entreprise, cette décision aurait été prise sans faire de recherches suffisantes.

« Les données reçues par les échantillonnages prouvent que la présence du MSX et Dermo n’est pas là en ce moment. Donc jusqu’à preuve du contraire, qu’on devrait se fier sur quelque chose qui est concret comme ça avec un taux de certitude de 95 %, au lieu de supposer qu’ils sont contaminés et les contaminer », affirme le directeur des Huîtres Old Harry, Alexandre Brazeau.

Les dernières données récoltées sur l’archipel dateraient de juillet 2024. Les Îles-de-la-Madeleine sont tout de même considérées par les autorités comme une zone qui est probablement contaminée.

« Comment ça se passe, c’est qu’eux, ils vont catégoriser une zone de contrôle primaire, qui va permettre l’importation d’huîtres contaminées des autres provinces vers le Québec […] On regarde que les Îles-de-la-Madeleine, malgré aucun test positif de MSX ou Dermo, fait partie de cette zone-là. Par contre, le nord du Nouveau-Brunswick n’en fait pas partie. On se demande pourquoi. Pourtant, les conditions sont les mêmes. »

L’entreprise d’ostréiculture n’a cependant pas besoin de s’approvisionner en huîtres ailleurs, puisqu’elle fait de l’aquaculture, et elle est la seule à le faire sur le territoire madelinot.

« Il y a deux plans d’affaires au Québec. Il y a les affineurs et il y a les aquaculteurs. Nous, on fait de l’aquaculture durable. On est la première entreprise au Québec à faire ça. C’est une production qui commence du naissant qui est tout petit comme ça, 4 mm, puis qui vient d’écloseries biosécuritaires. Donc c’est des places où est-ce qu’il n’y a pas de contamination, vu que les huîtres sont faites de A à Z en laboratoire intérieur », explique-t-il.

Alexandre Brazeau craint pour son élevage de 13,5 millions d’huîtres, puisque les parasites peuvent détruire jusqu’à 90 % d’une population de ces mollusques.

« On est extrêmement inquiet. C’est des années de travail, c’est des millions de dollars en inventaire qu’on a à l’eau en ce moment. Si on parle même d’un 10, ou 20, ou 30 % de mortalité, ce serait complètement désastreux pour notre entreprise », prévient le directeur.

Il est d’ailleurs déçu de l’inaction de Québec. Pour ce qui est de l’approvisionnement en huîtres, le fédéral précise qu’on doit se doter d’un permis et que la présence des parasites a été confirmée dans la Baie-des-Chaleurs.

« Ce qu’on demande en ce moment, c’est un moratoire temporaire sur les transferts. On ne demande pas un moratoire permanent ad vitam aeternam, on demande seulement de faire un truc temporaire pour être sûr qu’on fasse la bonne solution. En ce moment, le provincial ne s’en est pas mêlé. On n’a pas eu aucun appel du MAPAQ, aucun appel de l’environnement », déplore Alexandre Brazeau.

Hier en fin de journée, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a communiqué avec Alexandre Brazeau pour lui dire que sa décision ne changerait pas. Le directeur des Huîtres Old Harry explique que la balle est maintenant dans le camp du MPO et du MAPAQ.