Changements climatiques sur l’archipel: pas assez de projets subventionnés par Québec
Publié le 24 juillet 2025 à 17:31, modifié le 24 juillet 2025 à 17:31
Par: Leo Hudon
Québec a octroyé 1,8 million de dollars en juin dernier à la Communauté maritime des Îles-de-la-Madeleine. Cet argent servira à financer une poignée de projets d’adaptation aux changements climatiques.
Cinq projets pour lutter contre les changements climatiques et leurs impacts ont été financés par le gouvernement provincial. « Tout financement qui est annoncé pour aider la protection de l’érosion ou l’adaptation aux changements climatiques, c’est positif. Par contre, je vous cache pas qu’on avait déposé une demande de 10 millions avec 27 projets. Donc on a été aussi à la fois déçu que certains projets qui allaient être financés n’ont pas été sélectionnés », indique Jasmine Solomon, cheffe de section en action climatique à la municipalité des Îles.
Cela fait depuis octobre que la communauté maritime ainsi que les organismes environnementaux de l’archipel ont envoyé leur liste de projets à Québec. « On les mobilise depuis 2020, autour des discussions de priorisation […] On était assez confiant d’aller financer les projets, on avait été assez loin dans le montage de projets avec eux. Puis là bien on leur dit : ah bien on a le plan climat et on va financer éventuellement d’autres projets. Mais là le gouvernement nous donne pas de financement à la hauteur », explique Mme Solomon.
Les projets sélectionnés par le ministère des Affaires municipales permettront notamment de visualiser l’impact de l’érosion et de la submersion côtière des dunes qui protègent le Centre de gestion des matières résiduelles à Havre-aux-Maisons.
« C’est pas une zone qui est facilement déplaçable, de l’industriel lourd, on pourrait pas se revirer de bord rapidement, fait qu’on veut anticiper d’ici 2050, 2075, 2100, qu’est-ce qui risque d’arriver. »
L’objectif est aussi de revégétaliser le secteur. On veut également réduire l’empreinte carbone de la municipalité des Îles, améliorer la recharge de plages, puis sensibiliser la population aux changements climatiques.
« La recharge de plage en sable actuellement sont faits dans le secteur de la Martinique […], Puis il y a eu une recharge un peu plus importante aussi par le ministère des Transports à Pointe-aux-Loups […] On va devoir essayer d’identifier, des gisements en mer, donc vraiment plus au large qui pourrait avoir le potentiel d’aller draguer puis de venir recharger directement la plage », précise la cheffe de section.
Cette liste pourrait changer bientôt, avec l’accord de Québec. « Tout est sur la table présentement. Je dirais qu’il va falloir nous à l’interne le justifier au gouvernement. Donc si on juge que oui, il y a un projet qui est plus prioritaire, on pourrait déposer un argumentaire, puis c’est l’équipe d’analyse qui va décider », conclut Jasmine Solomon.
De son côté, le ministère des Affaires municipales explique être au courant des déceptions de la Communauté maritime, et affirme travailler avec elle en vue du prochain appel de programmations. Par ailleurs, il précise que dans le cadre du programme ATCL, la communauté maritime bénéficie d’un taux d’aide de 90 %, comparativement à 80 % pour les autres organismes admissibles.