Achat local : une nouvelle campagne initiée par la MRC Avignon
Publié le 21 juillet 2025 à 15:09, modifié le 21 juillet 2025 à 15:09
Par: Louis-Philippe Morin
Depuis l’abolition de la taxe carbone au mois d’avril, dans l’ensemble du Canada, des commerces frontaliers dans la Baie-des-Chaleurs ressentent plus de compétition. La situation ne semble pas près de se résorber pour certains d’entre eux. Devant cette situation, la MRC Avignon intervient. Les autorités de la MRC Avignon ont profité d’une rencontre avec Québec pour réitérer l’urgence d’agir afin de venir en aide aux postes à essence, mais aussi aux commerces frontaliers.
Ce matin aucun client au libre service de Pointe-à-la-Croix… par contre, moins de 5 kilomètres plus loin, à Campbellton, les pompes ne dérougissent pas. Jusqu’à tout dernièrement, on aurait pu montrer l’inverse de la situation. Mais, depuis l’abolition de la taxe carbone au Nouveau-Brunswick et dans le reste du Canada, les commerces frontaliers en arrachent dans la Baie-des-Chaleurs.
« Surtout les postes d’essence qui sont près du Nouveau-Brunswick… Sûrement. Il y en avait un qui est à 1 kilomètre du pont. Je suppose que les gens au Québec ne vont pas faire le plein d’essence à cette situation-là. », note ce client québécois croisé devant une pompe à Campbellton.
« Vous n’avez pas peur que ça fasse mal à l’économie locale dans la Baie-des-Chaleurs? C’est certain… Mais les trois quarts du temps, je vais mettre de l’essence du côté du Québec. Quand j’ai à faire ici j’en profite. », ajoute cette dame, au même poste d’essence.
L’écart de prix du litre d’essence varie, selon qu’on est du bon côté de la frontière, entre 10 et 14 cents. Une situation qui pousse les consommateurs, guidés par leur portefeuille, vers les commerces néobrunswickois.
« Mais en même temps, c’est parce qu’on s’en va ici faire des commissions Campbellton. On est à Carleton pour l’été, on vient de faire des commissions à Campbellton. On en profite pour faire le plein d’essence en même temps… », renchérit le premier client.
Afin de contrer ce déséquilibre, la MRC investira 40 mille dollars dans une nouvelle campagne d’achat local. Cette dernière sera présentée dès le mois d’août sous la signature Rencontre locale, achat génial. On aimerait inciter les citoyens de la Baie-des-Chaleurs à comprendre l’impact du commerce local…
« Je souhaite que les gens soient sensibilisés à ça… Des fois, on entend dire que moi ça me coûte moins cher, je vais aller ailleurs… Il faut penser à l’impact que ça va avoir. Parce que si nos petits commerces de proximité ferment… L’impact est énorme. », nous dit la préfète suppléante de la MRC Avignon, Nicole Lagacé.
Responsable de cette campagne à la MRC Avignon, la mairesse de Matapédia estime que Québec doit revoir le programme de compensation pour les commerces vendant de l’essence… un moteur économique important pour la région.
« Ce sont des postes d’essence, ce sont aussi des petits dépanneurs qui sont associés, souvent, à ces postes d’essence là. Je pense, entre autres, à Pointe-à-la-Croix ou l’impact est vraiment majeur. Mais l’impact va se faire sentir aussi à Matapédia… Va se faire ressentir aussi à Nouvelle, par exemple. », ajoute la mairesse.
Et les menaces pour le commerce local ne viennent pas simplement des autres provinces… Prochainement, un COSTCO verra le jour à Rimouski. Ces jours-ci, une petite équipe se déplace sur le territoire pour vendre des cartes de membres… une opération qui gagne des adeptes.
« Non pas vraiment… Le local n’a pas tout ici. J’essaie de trouver certains articles qu’on ne trouve pas ici… On n’a pas le choix. », sourit cet homme croisé au kiosque de Costco, installé à Saint-Omer.
« Le développement local, le dynamisme que ça apporte… Dans nos localités, c’est excessivement important. Je ne peux pas empêcher personne d’aller chez Costco. Il faut quand même penser à acheter localement avant. Peut-être des articles qu’on n’a pas, on peut aller ailleurs… Mais il y a quand même des achats locaux à faire. », conclut madame Lagacé.
Les campagnes d’achat local ont été nombreuses ces dernières années dans la Baie-des-Chaleurs. Voyons voir si celle-ci porte fruit.