Rupture en obstétrique : accoucher à 45 minutes de chez soi
Publié le 16 juillet 2025 à 15:50, modifié le 16 juillet 2025 à 15:50
Par: Charles Boisvert
Le département d’obstétrique de l’Hôpital de Notre-Dame-du-Lac est fermé, encore cet été. Depuis le 20 juin, les femmes enceintes du Témiscouata doivent se rendre à Rivière-du-Loup pour accoucher. Virginie Gaulin, une maman de Témiscouata-sur-le-Lac, a accepté de raconter l’expérience stressante qu’elle a vécue.
La petite Sophie est née le 2 juillet au centre hospitalier de Rivière-du-Loup. Virginie Gaulin lui a donné la vie à 60 kilomètres de chez elle, même si elle réside à seulement six minutes de route de l’hôpital de Notre-Dame-du-Lac.
« Un quatrième, on s’est dit “jusqu’à quel point ça va aller vite, jusqu’à quel point j’ai le temps de me rendre.” Il faut que je fasse 45 minutes de route en contraction. Je te dirais que c’est vraiment ça qui me stressait le plus », explique-t-elle.
Le 1er juillet en soirée, sentant que l’accouchement était imminent, celle qui était déjà mère de deux enfants a décidé de se diriger à Rivière-du-Loup avec son conjoint pour y passer la nuit. Le lendemain matin, il n’a fallu que quelques heures pour que leur bébé voie le jour.
« Ça a vraiment bien été »
Malgré les nombreux facteurs de stress, l’accouchement s’est déroulé sans accroc pour Virginie Gaulin, qui est elle-même infirmière.
« Ça a vraiment bien été. Je suis chanceuse. Je suis contente, le personnel là-bas est vraiment super. Mon plus bel accouchement », souligne-t-elle.
Selon le CISSS du Bas-Saint-Laurent, huit mamans du Témiscouata ont utilisé le corridor de service pour donner naissance à Rivière-du-Loup depuis le 20 juin.
« C’est stressant de dire “je vais changer de place, je vais changer de personnel, je ne connais pas, je ne sais pas où je m’en vais, je ne sais pas qui va être là” », confie Virginie.
Dossier non transféré
Pour ces femmes, ce changement à Rivière-du-Loup implique aussi un changement de médecin. Celui qui supervisera l’accouchement sera un autre que celui qui a fait le suivi de la grossesse, ce qui peut être difficile à vivre.
« C’est un peu une espèce de deuil, parce que la personne qui m’a suivie ici à Notre-Dame, c’est un amour », ajoute celle qui habite la région du Témiscouata depuis quelques années à peine.
Elle indique d’ailleurs que toutes n’ont pas eu une expérience aussi positive. Une de ses amies, par exemple, a accouché pendant un bris de service dans les dernières années.
« Elle, ça a été difficile, parce qu’elle dit “je me suis rendue là-bas, et finalement on s’est rendu compte que mon dossier n’avait pas été transféré à Rivière-du-Loup.” », raconte Virginie
La découverture du service d’obstétrique à l’Hôpital de Notre-Dame-du-Lac doit se terminer le 8 septembre prochain.