Personnes handicapées: un transport inadapté en Gaspésie
Publié le 15 juillet 2025 à 16:38, modifié le 15 juillet 2025 à 16:38
Par: Félix Côté
Les personnes ayant un handicap ont toujours de la difficulté à participer à la vie sociale. Une étude du CIRADD, un centre de recherche, soulève plusieurs lacunes en matière de transport adapté pour cette clientèle.
Le manque d’accès au transport adapté est un frein à la recherche d’emploi, à la santé, à l’éducation et à la vie sociale. L’offre de transport actuelle ne convient pas aux besoins de mobilité des personnes en situation de handicap.
« Le transport adapté dans la mobilité des personnes handicapées, c’est transversal. C’est très important pour leur participation sociale. Présentement, on se retrouve avec des gens qui désirent s’épanouir et sortir de la maison, mais qui sont limités », explique le directeur général du Regroupement des associations des personnes handicapées de la Gaspésie et les Îles, Ghislain Gagnon.
L’étude affirme que les horaires sont restreints, le système de réservation est problématique, et l’accès physique aux véhicules de transport n’est pas optimal.
« Il y a des endroits en Gaspésie aux îles où les gens auront un ou deux transports par semaine. Après 16 heures c’est inexistant ou presque et je crois aux îles, c’est une seule fois le mercredi. Difficile de participer socialement et de s’intégrer lorsqu’on ne peut pas se transporter après 16 heures ou le week-end », précise le directeur général du RAPHGÎ
Selon le CIRADD, l’offre de service ne respecte pas complètement la loi qui oblige à répondre aux besoins de transport des personnes handicapées dans un délai raisonnable.
« Les besoins ne sont pas en totalité comblés. On perçoit l’impact que ça peut avoir sur la qualité de vie, des gens et sur leur santé, physique et mentale », appui l’ agente de recherche du CISSS de la Gaspésie, Isabelle Roy.
Le rapport conclut en disant que les personnes ayant un handicap doivent trop souvent dépendre de leur entourage, ce qui peut causer une vulnérabilité.
« Il y a eu des cas d’exploitation, lorsqu’on pense que les femmes avec certaines capacités sont deux fois plus à risque de vivre de la violence conjugale ou de l’exploitation de leur vulnérabilité, je pense qu’on doit le prendre en note », martèle Ghislain Gagnon.
Différents transporteurs comme la RÉGÎM critiquent le modèle de financement du ministère des Transports.
« C’est qu’on se base à peu près comme dans tous les programmes sur la quantité de population. Lorsqu’on a une population étalée comme celle de la Gaspésie, on est toujours pénalisé dans les programmes de financement qui ne tiennent pas compte de la réalité géographique et l’étendue du territoire », dénonce le président de la RÉGÎM, Daniel Côté.
À noter que le transport n’est pas la seule composante qui a des impacts sur la santé et l’inclusion des personnes handicapées.