Un entrepreneur louperivois préfère l’Europe à l’incertitude américaine
Publié le 16 janvier 2025 à 16:53, modifié le 16 janvier 2025 à 16:57
Par: CIMTCHAU
Les menaces tarifaires du président élu Donald Trump continuent de provoquer de l’incertitude chez plusieurs entrepreneurs bas-laurentiens. À Rivière-du-Loup, Jean Després, propriétaire de TJD Industriel, dit déjà envisager un plan B si les États-Unis imposent effectivement des droits de douane de 25 %.
« Je pense que monsieur Trump se tire vraiment dans le pied en faisant cela », lance-t-il.
La plus récente innovation de M. Després est un barbecue spécialisé, baptisé V-Forge, qui attire le regard… de l’autre côté de la frontière. Mais avec la menace de nouvelles taxes, le dirigeant préfère diversifier ses débouchés.
« Ça semble vouloir jouer des gros bras, donc tu as deux choix : c’est soit que tu joues des gros bras très fort ou que tu changes ton marché de place », explique Jean Després.
Son alternative ? L’Europe. Selon lui, ce marché offre un bassin d’environ 450 millions de consommateurs et une demande pour les équipements de cuisson extérieure en pleine croissance.
« C’est épouvantable le monde qui est là ! C’est pour cela que le marché est vraiment différent, et ça attire beaucoup les Canadiens », ajoute l’entrepreneur.
Des répercussions majeures pour la région
Claudette Migneault, présidente de la Chambre de commerce de la MRC de Rivière-du-Loup, s’inquiète pour l’économie locale. Le premier ministre du Québec parle de 100 000 emplois menacés à travers la province, et le Bas-Saint-Laurent n’y échapperait pas.
« C’est très préoccupant, on a des entreprises dont 70 % des marchés sont aux États-Unis », souligne Claudette Migneault.
Des tarifs plus élevés pourraient aussi avoir un effet boomerang pour les consommateurs américains, selon l’entrepreneur louperivois.
« S’ils nous chargent un 25 %, moi je le rajoute au coût du produit. Donc c’est eux, présentement, qui vont le payer », précise Jean Després.
Miser sur les partenariats
Dans ce contexte, la collaboration entre entreprises canadiennes prend tout son sens. Pour plusieurs, l’union fait la force afin de partager coûts et risques, tout en se défendant contre le protectionnisme américain.
« Mais là, c’est le temps que le monde se réveille un peu et qu’on travaille ensemble », insiste Jean Després.
« Le volet collaboration, on dit toujours qu’on est plus forts. Quand on est ensemble, on est tous plus forts, on est plus unis. On marque davantage de points que si on fait ça seul », indique Claudette Migneault.
Malgré l’incertitude, Jean Després demeure convaincu que le Canada peut traverser cette période trouble.
« Il ne faut jamais lâcher, et puis il faut avoir confiance, parce qu’on a un très beau pays et on a de belles richesses », soutient-il.