Redécoupage électoral : la Gaspésie se battra pour garder sa voix à l’Assemblée Nationale
Publié le 10 décembre 2024 à 16:13, modifié le 10 décembre 2024 à 16:13
Par: Louis-Philippe Morin
La Cour Supérieure ordonne au Directeur des élections de continuer son travail sur le redécoupage de la carte électorale. Une mauvaise nouvelle pour la Gaspésie qui devra se battre pour ne pas perdre sa voix à l’Assemblée nationale. Cependant, tout n’est pas perdu… Les représentants politiques de la région croient qu’ils pourront faire entendre leurs arguments devant la justice… mais que Québec pourrait aussi couper court au débat en présentant une refonte de la loi électorale avant mai prochain.
David contre Goliath… La Gaspésie contre les Laurentides, Brome-Missiquoi et le Centre-du-Québec. Le combat semble inégal dans le dossier du redécoupage électoral… qui s’invite, une autre fois, dans l’actualité après la décision rendu vendredi par la Cour supérieure. Québec avait pourtant ordonné le statu quo en vue des prochaines élections, mais des politiciens de la couronne urbaine estiment que tout ça est inconstitutionnel.
« La semaine dernière encore, j’avais des échanges avec eux. On comprend leur position, mais sur le fond des choses, on essaie de travailler pour voir si on peut s’entendre… Mais, ultimement, je pense qu’on ne s’entend pas sur le fond. », lance Mathieu Lapointe, préfet de la MRC Avignon.
Les élus des Laurentides voient leur population grandir plus rapidement que celle de la Gaspésie… Du fait, ils demandent à être mieux représenter à l’Assemblée Nationale. Une juge de la Cour Supérieure évalue que l’argument a du poids et entendra la cause en mai prochain. Du même souffle la magistrate demande à la Commission de la représentation de recommencer ses travaux sur la carte électorale qu’elle préparait en vue du scrutin de 2026…
« La juge est venue dire d’accord, la Commission de représentation électorale peut poursuivre son travail. Mais, elle doit le faire de façon confidentielle. Elle ne devra pas diffuser ses propositions de nouvelle carte électorale qui pourrait s’appliquer en 2026… Si le jugement est favorable pour les demandeurs. », explique le préfet.
Sauf que, en attendant cette rencontre, Québec pourrait mettre fin au débat sans qu’aucun argument n’ait été échangé devant la juge.
« Si à l’Assemblée nationale, au cours des prochains mois, il y a un projet de loi qui est déposé avec des nouveaux critères pour les circonscriptions électorales… Toute cette démarche judiciaire là va devenir caduque aussi, et c’est le nouveau projet de loi qui va s’appliquer. », propose monsieur Lapointe.
« On a l’écoute des collègues aussi à l’Assemblée nationale. On travaille très très fort pour, bien sûr, protéger la Gaspésie. Et c’est l’intention de tous les partis à l’Assemblée nationale. Donc, je suis confiante en ce sens-là. », enchaine Catherine Blouin, députée de la circonscription de Bonaventure.
Des élus provinciaux ont évoqué d’augmenter le nombre de députés à l’Assemblée nationale pour accommoder les deux régions. Une idée qui n’aurait des effets qu’à court terme.
« Si on refait l’exercice aux 10 ans, on va toujours se retrouver à ce que la population est augmentée moins ici qu’ailleurs au Québec (…) Forcément, il y a des comtés qui vont se rajouter dans les couronnes autour de Montréal et les régions du Québec vont perdre des contés. », soupire Mathieu Lapointe.
La Gaspésie pourrait aussi pouvoir bénéficier d’un statut particulier, à l’instar des Îles-de-la-Madeleine… qui assure, peu importe les critères de densité de population pour la représentation, que la région aura toujours un minimum de voix à l’Assemblée Nationale.