Gicleurs obligatoires : l’une des dernières RPA privée dans Charlevoix tient à un fil
Publié le 12 septembre 2024 à 16:49, modifié le 12 septembre 2024 à 16:52
Par: Jérôme Gagnon
Le gouvernement Legault a récemment annoncé un nouveau délai pour les résidences privées pour aînés concernant l’obligation d’installer des gicleurs. Cette mesure demeure tout de même un important défi financier pour plusieurs établissements. L’une d’entre elles pourrait devoir fermer dans Charlevoix.
« On aurait aimé savoir que la date butoir aurait pu être reportée », plaide la copropriétaire de la Maison Desmeules, Audrey Tremblay
Une résidence pour personnes âgées de neuf unités à Clermont se retrouve sur le respirateur artificiel.
« On craint tout simplement pour les prochains mois », indique Mme Tremblay.
La Maison Desmeules représente d’une certaine manière la fin d’une ère. Il s’agit de l’une des dernières petites RPA privées dans Charlevoix. D’autres, sous forme d’OSBL, demeurent en opération.
« On n’a pas le droit d’aller chercher de l’aide, on n’a pas le droit non plus, par exemple, d’avoir un congé de taxe de la Ville de Clermont en raison de notre statut », explique la femme.
Pour ses propriétaires, la situation est hautement frustrante. L’installation de ces gicleurs aura contribué à leur situation précaire. Croyant initialement obtenir une aide financière importante, ils se sont retrouvés à devoir débourser une somme de 80 000 $ de leur propre poche. Ils estiment avoir été mal informés dans ce dossier.
« Tout au long du processus, on a jamais reçu une réponse précise sur combien on avait le droit jusqu’à ce qu’on lève le ton. On nous l’a finalement dit, mais en nous disant que rien n’avait été signé pour le moment. Par la suite, on nous dit que c’est nous qui avions fait les choses à l’envers », dénonce-t-elle.
Devant une date limite prévue initialement en décembre 2024, la résidence s’est empressée de débuter les travaux. Surchargé, la plupart des entrepreneurs spécialisés étaient d’ailleurs indisponibles.
« Nous avons mis de l’avant nos problématiques financières et le fait que ça nous coûte beaucoup trop cher. On nous a dit que les résidences qui n’allaient pas être conformes à cette date étaient menacées de fermeture. On nous a pressé pour finalement se rendre compte que la non-communication de la vérité n’a pas été faite », ajoute Audrey Tremblay.
Pour l’instant, la partie restante des travaux a été mise sur la glace, faute de fonds.
« On ne peut pas charger plus cher à nos résidents parce que notre résidence est giclée. C’est juste une obligation, ce n’est pas un service qu’on ajoute dans notre RPA », précise-t-elle.
Afin d’assurer la survie de la résidence, ces propriétaires ont lancé une campagne de sociofinancement à contrecœur. Les entrepreneurs comptent tout faire pour le bien de leurs clientèles.
« Certains résidents sont ici depuis 14 ans. On ne pourrait pas les mettre à la porte, on ne veut pas les mettre à la porte. On essaie de les rassurer », termine Audrey Tremblay.