Haute-Côte-Nord : la population mobilisée pour de meilleurs soins
Publié le 8 août 2024 à 17:22, modifié le 12 août 2024 à 14:25
Par: Jérôme Gagnon
Aux prises avec une importante pénurie d’infirmières, les urgences de Forestville et des Escoumins, sur la Haute-Côte-Nord, ont été affecté par des fermetures répétés dernièrement. Craignant le pire, la population et ses élues de la région demandent des actions de Québec.
Depuis le début de la semaine, l’urgence de l’hôpital des Escoumins est rouverte.
« C’est une bonne nouvelle, on espère que ça va se maintenir », mentionne le maire de la municipalité, André Desrosiers.
Selon le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de la région, il manquerait 40 infirmiers et infirmières sur la Côte-Nord pour assurer de juste soins. Plusieurs ont quitté depuis mai dernier en raison du plafonnement des salaires pour les agences privées. La pénurie d’infirmières frappe très fort dans la MRC de la Haute-Côte-Nord depuis la mi-juillet. Pendant plusieurs journées, les citoyens devaient se diriger à Chicoutimi, Baie-Comeau ou La Malbaie pour obtenir des soins immédiats.
« On a une population vieillissante, juste de savoir qu’il n’y aura pas d’urgence de telle heure à telle heure, ça crée un stress qui est inutile », dénonce M. Desrosiers.
« Il peut arriver n’importe quel accident, c’est inquiétant », ajoute le maire de Tadoussac, Richard Therrien.
Citoyens, élus et personnel soignant se sont dits préoccupés par la situation. Une médecin des Escoumins a dénoncé vivement la situation sur les réseaux sociaux.
« Ça fait onze ans que je pratique aux Escoumins autant en urgence qu’en cabinet. Je trouve cela inacceptable le risque qu’on fait courir à la population avec des fermetures de cette ampleur-là », explique la Dr. Myriam Tardif Harvey.
De telles fermetures auraient pu avoir de graves conséquences, croit-elle.
« C’est de jouer carrément avec le feu. De priver l’accès à des soins médicaux urgents tout un territoire et toute une population, c’est juste une question de temps avant qu’un drame survienne », prévient la femme.
Des solutions exigées
La population demande également d’être rassurée. Le problème de personnel dans ces hôpitaux demeure. Des nouvelles ressources de l’équipe volante publique, une solution du ministre Christian Dubé, doivent s’ajouter prochainement.
« On a eu une personne de l’équipe volante qui a été dépêchée. Une ressource infirmière puis une ressource auxiliaire, se sont aussi greffés. Par rapport à l’ampleur de la pénurie, c’est encore insuffisant », note la médecin qui a lancé un cri du cœur.
Des mesures concrètes doivent voir le jour pour les régions éloignées comme la Côte-Nord, estime le maire des Escoumins.
« Il faut injecter un peu d’argent pour la période de transition, on est dans une zone grise et il faut sortir de là », dit fermement ce dernier.
Afin de protester, des citoyens ont lancé une pétition. Elle est disponible en ligne et dans les différents points de vente notamment aux Escoumins. Elle compte déjà plus de 1000 signatures.
Notons que la MRC du territoire a transmis également la semaine dernière une lettre au ministre de la Santé afin d’obtenir une rencontre.