Les plans de développement de Saint-Jean-Port-Joli compromis
Publié le 15 juillet 2024 à 16:31, modifié le 16 juillet 2024 à 08:51
Par: CIMTCHAU
Saint-Jean-Port-Joli veut poursuivre son développement. Le parc industriel est rempli et il n’y a presque plus de place pour du résidentiel. Mais un changement dans la loi pour demander une exclusion agricole complique les plans de la municipalité.
« Moi, en tant qu’urbaniste et aménagiste, je vous dirais que c’est une des modifications qui m’inquiète le plus pour le développement de nos territoires ruraux », explique la directrice du service de l’aménagement du territoire de la MRC de L’Islet, Geneviève Paré.
Il est question du changement dans la Loi pour demander une exclusion de zone agricole. Avant 2021, les municipalités présentaient elles-mêmes un dossier pour leur développement à la Commission de protection du territoire agricole du Québec.
« Maintenant, avec la nouvelle réglementation, il faut présenter le dossier par la MRC », lance le maire de la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli, Normand Caron.
C’est donc dire qu’il faut regarder le dossier avec un œil régional. Le maire a illustré la situation avec un exemple parlant.
« S’il y a des terrains disponibles, exemple à Saint-Pamphile, ben ils vont me dire bon ben pas trop de terrains résidentiels parce qu’il y en a disponibles à Saint-Pamphile qui est quand même à 50 Kilomètres de Saint-Jean-Port-Joli. »
Il rajoute : « On conçoit difficilement que quelqu’un qui veut travailler à Saint-Jean, qui veut s’établir à Saint-Jean, aille demeurer à Saint-Pamphile pour travailler à Saint-Jean-Port-Joli et l’inverse va être la même chose. »
Aucune considération n’est prise pour les régions dans cette Loi. Montréal et la MRC de L’Islet sont considérées égales malgré leur différence de superficie et la réalité des deux endroits qui est aux antipodes. Le maire de la municipalité déplore aussi que le gouvernement ne veuille pas développer de manière verte en considérant les milieux ruraux de la même manière que les grandes villes.
« C’est un non-sens ! On veut décarboniser le Québec, donc on n’ira pas mettre des véhicules sur le chemin parce que les gens doivent s’installer à une heure de route pour venir travailler dans notre municipalité. »
Ce changement dans la législation affecte les petits centres comme la municipalité de Saint-Jean-Port-Joli comme l’explique le directeur général, Stéphen Lord.
« On a des demandes, on a aussi des questionnements des gens qui veulent venir s’établir ici. Il y a autant de la demande au niveau résidentiel, commercial et industriel. Pour développer, ça prend de l’espace, mais ça nous prend aussi la permission de le faire. »
La municipalité veut agrandir son parc industriel et rendre disponible une trentaine de terrains pour de nouvelles résidences. La possibilité de bâtir des tours à condo n’est pas envisageable.
« Notre monde est habitué d’avoir son petit cocon familial, son terrain et sa résidence, ses choses à lui. C’est ce que les gens recherchent et c’est ça qu’on veut offrir aux gens qui veulent s’établir à Saint-Jean », explique le maire.
Ce changement dans la législation qui devait simplifier la paperasse et la bureaucratie a donné un résultat inverse. Avant 2021, on pouvait compter entre un an et demi et deux ans pour obtenir une réponse de la CPTAQ. Maintenant, on parle de trois à cinq ans.
Saint-Jean-Port-Joli espère donc que son projet fonctionnera et que la Commission comprendra la réalité du développement de la municipalité.