Agriculture dans Charlevoix : un avenir plus que jamais incertain pour des producteurs
Publié le 11 décembre 2023 à 17:17, modifié le 11 décembre 2023 à 17:17
Par: Jérôme Gagnon
La situation de bien des agriculteurs de Charlevoix demeure critique. Plusieurs craignent de devoir déclarer faillite. Même si de nombreux cris du cœur ont été lancés dans les derniers mois, l’aide de Québec se fait toujours attendre.
« Du stress, De l’anxiété »
Adrien Papin et ses confrères du milieu agricole sont loin d’être rassurés pour la suite des choses. Le coup de pouce tant espéré de Québec se fait toujours attendre après de multiples demandes.
« On va démarrer une saison 2024, qui va être très dure. On n’a pas senti dans un avenir proche qu’il y aura beaucoup d’aides qui vont venir du Gouvernement », s’inquiète le jeune producteur de Saint-Irénée.
L’année 2023 aura été très difficile notamment en raison de l’impact des événements de météo extrêmes et de l’inflation sans précédent. Adrien, lui, a perdu plus de 100 000 $ en perte.
« On va s’approcher de 135 000$, peut-être qu’on va avoir environ 35% d’indemnisation financière, mais ce ne sera pas plus que ça. Ce sera même plutôt moins que plus », croit-il.
Aujourd’hui, pas moins de 80 % des fermes de la Capitale-Nationale se retrouvent dans une phase critique sur le plan financier, selon l’UPA.
« Est-ce qu’on va être là en 2025 ou 2026 ? On ne peut pas le savoir », avoue le producteur.
« C’est un gouvernement, qui n’est pas là pour l’agriculture. Les babines ne suivent pas les bottines », mentionne le président de la Fédération Capitale-Nationale-Côte-Nord de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Yves Laurencelle.
De passage la semaine dernière dans le cadre du 99e congrès de l’UPA à Québec, le ministre de l’Agriculture a répondu aux nombreuses questions des producteurs inquiets. D’après Adrien, l’élu semble impuissant, malgré une volonté bien sentie.
« Personnellement, je suis revenu presque plus démoralisé le soir que le matin », souligne Adrien Papin.
Maintenant, quelle est la vision pour ces producteurs à bout de souffle ?
« Je pense qu’il faut être au côté de notre ministre de l’Agriculture, il faut le soutenir et être à côté de lui parce qu’on s’en va un peu dans une bataille », estime M. Papin.
« La prochaine étape, ça va être de rencontrer le Premier ministre. Il faut qu’ils donnent les moyens au ministre de l’Agriculture », soutient à son tour le représentant de l’UPA.
Dans les prochains mois, le producteur de grains de Charlevoix compte sensibiliser la population et les MRC quant à la situation critique des agriculteurs.