Hausse record chez les banques alimentaires : il y a urgence d’agir, plaide des organismes
Publié le 25 octobre 2023 à 16:52, modifié le 25 octobre 2023 à 16:52
Par: Jérôme Gagnon
Les banques alimentaires du Québec connaissent un achalandage sans précédent. Depuis 2019, une hausse des demandes de 73% est enregistrée. Dans la région de Charlevoix, la situation est également alarmante.
Ces tablettes de la banque alimentaire du Service d’Aide communautaire de Charlevoix-Est parlent d’elles-mêmes. La demande explose pour les organismes qui luttent contre l’insécurité alimentaire depuis quelques années.
« La pauvreté, elle existe. Faut arrêter de se mettre la tête dans le sable. Elle existe partout et elle existe dans Charlevoix plus que jamais », prévient la directrice générale du Service d’Aide communautaire de Charlevoix-Est, Maude Juteau-Cousineau.
La courbe a atteint un niveau inquiétant pour ces derniers. Près de 900 000 Québécois ont recours à une banque alimentaire chaque mois. Personne n’est épargné.
« Maintenant, ceux qui font appel à l’aide alimentaire, c’est des gens qui sont sur le marché du travail. Certains n’arrivent plus à joindre les deux bouts », note la directrice générale du Centre communautaire Pro-Santé, Annie Bouchard.
« Les gens en sont rendus à faire des choix entre se nourrir adéquatement, payer la facture d’Hydro ou payer son loyer qui augmente sans arrêt », ajoute Mme Juteau-Cousineau.
Dans la MRC de Charlevoix, on observe une hausse de 30 % des demandes depuis l’an dernier. Les données demeurent à être connues dans l’Est, mais on constate le même phénomène.
« On a dû faire des changements de fonctionnement pour pouvoir fournir le double de personnes. On a dû changer nos horaires et nos façons de faire. C’est du jamais vu », précise la directrice générale du SACC.
Dans Charlevoix-Est, 7 enfants sur 10 de niveau secondaire vivent de l’insécurité alimentaire d’après des données datant de 2021-2022.
« C’est donc 70% des enfants de niveau secondaire, qui vivent de l’insécurité alimentaire. Au niveau primaire, c’est 80% au niveau primaire, c’est des chiffres qui parlent », s’inquiète Maude Juteau-Cousineau.
Le constat est clair. Le gouvernement du Québec doit en faire plus pour contrer la pauvreté, estiment les organismes.
« On se retrouve devant des enjeux assez importants et on sent qu’il y a une urgence d’agir », lance la leader du Service d’Aide communautaire de Charlevoix-Est.
« Faut vraiment que vous nous supportez. Soyez derrière nous parce qu’on ne pourra pas y arriver seul », indique à son tour Annie Bouchard.