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Marinard : après les politiciens et les syndicats… les employés se font entendre

Publié le 20 septembre 2023 à 15:54, modifié le 20 septembre 2023 à 17:19

Par: Louis-Philippe Morin

Une ambiance de morosité plane sur Rivière-au-Renard. L’avenir de la petite communauté de 3000 personnes se joue en ce moment alors que la crise de la crevette et la fermeture de Marinard font craindre le pire. En marge de tout ce qui se passe, nous avons rencontré une employée licenciée de Marinard. Elle s’appelle Monika Henley. La jeune femme a été à l’emploi de Marinard pendant plus de 14 ans. Mise à pied en avril, elle a appris qu’elle ne reviendrait pas de sitôt chez son employeur… Ces jours-ci, Monika tente de remettre sa vie en place… en espérant des jours meilleurs.

Dans son petit logement, la jeune femme de 33 ans replace, ces jours-ci, les morceaux de sa vie éclatée. L’amour de ses chats l’aide… Monika est passée par toute la gamme des émotions, au cours des derniers mois.

« J’étais à l’école. Je l’ai sur par le biais de ma mère. Elle, elle était à la réunion. On les avait convoqués le matin (…) Patrick a donné les feuilles de mises à pied à ma mère. Moi, je l’ai su à 4h, en finissant l’école, quand ma mère m’a appelé… On était tous mis à pied. ». relate Monika Henley.

Son emploi, emporté par la vague de mise à pied chez Marinard, elle y tenait… mais, en même temps, Monika a senti venir le drame économique qui engloutit Rivière-au-Renard. La jeune femme a décidé de retourner aux études l’année dernière, à temps partiel.

« C’est difficile pour moi. J’ai beaucoup de proches. Je connais beaucoup de monde chez Marinard. On se connait tous. Je trouve ça dur pour les autres. Il y a du monde qui a 70 ans. Je ne les vois pas retourner à l’école. Ils n’ont pas cette porte de sortie là. Nous, quand on est plus jeunes, on peut se lancer dans autre chose. », souligne la jeune femme.

Parce que, oui… Il y a les autres. Ceux qui doivent se trouver un nouvel emploi. Ceux qui assistent aux rencontres organisées pour les tenir à jour… Espérant y entendre la solution miracle qui redonnera le souffle et l’énergie à Rivière-au-Renard.

« Du côté du maire, je sens qu’il y a des efforts. Mais le reste… Le député, la députée… Tu ne sens pas un appui? Non. Tu te sens un peu abandonnée? Oui, comme tout le monde. », explique madame Henley.

Et, justement, nous avons rencontré Monika tout juste avant la rencontre convoquée par les instances municipales. Une rencontre qui voulait proposer des pistes de solutions… mais surtout rassurer les travailleurs sur leur sécurité financière.

« Je ne sais pas. Honnêtement, je ne sais pas. J’ai comme devise que je ne crois pas au père Noël. J’ai de la misère à croire à ça, moi, qu’ils vont trouver des solutions comme ça. »

Et nous l’avons recroisé à sa sortie…

« Rivière-au-Renard, ça va ressembler à quoi dans un an? C’est dur à répondre… T’as essayé de me piéger… Non, mais c’est l’espoir. C’est le seul mot qui me vient en tête, l’espoir. », conclue madame Henley.

D’autres rencontres auront lieu au cours des prochains jours… Beaucoup de questions demeurent en suspens et, pour le moment Monika, et les autres travailleurs de Marinard, doivent continuer leur vie sans toutes les réponses quant à leur avenir.