Pénurie de logements: elles songent mettre de côté leurs études à Carleton-sur-Mer
Publié le 2 mars 2023 à 13:59, modifié le 2 mars 2023 à 14:04
Par: Patrick Giguère
Deux étudiantes envisagent de mettre de côté leur projet d’études au Cégep de Carleton-sur-Mer en raison du manque de logements abordables.
Native de Rimouski, Anne-Frédérique Canuel a aménagé chez sa marraine à Nouvelle, en août dernier, pour venir étudier en technique d’intervention en délinquance au campus de Carleton.
«C’était soit ça ou à Québec, mais moi les grandes villes ça m’attire moins, alors j’étais vraiment plus poussée à venir en Gaspésie parce que les gens sont chaleureux et c’est le fun comme coin », lance l’étudiante.
Mais voilà que sa marraine qui avait accepté de l’héberger temporairement dans sa maison secondaire a choisi de la mettre en vente. Jusqu’à présent, les recherches de logement de la cégépienne de 18 ans, qui travaille à temps partiel dans une maison des jeunes, n’ont pas été concluantes.
«Un 2 et demi à 950$, ce n’est pas très réaliste », s’exclame-t-elle.
Celle souhaite décrocher son diplôme pour aider les personnes délinquantes à retrouver le droit chemin, mais elle déplore les prix exorbitants et abusifs.
«On n’est pas tous bien financièrement. On est au cégep et on vient étudier. On ne vient pas tous d’ici, alors on n’habite pas tous chez nos parents. On n’a pas la capacité de payer des gros montants», laisse-t-elle tomber.
Byanka Belisle est elle aussi confrontée à un dilemme de la sorte. La femme de 23 ans du Témiscouata s’est inscrite en technique de criminologie en vue de la session prochaine, mais elle ne sait pas si elle pourra assister à ses cours, faute de logement.
« C’est sûr que c’est un petit peu stressant pour quelqu’un qui a envie d’aller étudier à Carleton parce qu’il y a des belles techniques (…) J’ai reçu aussi plusieurs suggestions, mais c’était de la fraude.(…) En plus de ça, les gens profitent de la situation aussi », déplore l’étudiante de 23 ans qui étudie présentement au Centre d’études collégiales du Témiscouata.
Pour l’instant, les chambres réservées aux cégépiens à la résidence le Bleu Mer ont toutes trouvé preneurs. Et ce n’est pas avant juin 2025 qu’une résidence étudiante de 20 à 24 logements trois et demi verra le jour sur la rue du Centre-Civique.
« Moi, je nage dans mon programme. J’aime ça et je ne me vois pas dans autre chose. J’ose espérer trouver quelque chose pour rester ici », mentionne Anne-Frédérique
« Je vais sûrement recontacter le cégep pour savoir s’il y a des possibilités d’annulation, sinon je vais avoir perdu le montant que je vais avoir payé pour m’inscrire», fait savoir Byanka si elle ne réussit pas à dénicher une place où rester.
Les deux femmes espèrent donc un petit miracle pour réussir à décrocher le diplôme de leur rêve.