Ancien champ de tir de Tracadie: les travaux de déboisement sont suspendus
Publié le 3 février 2023 à 13:07, modifié le 3 février 2023 à 14:40
Par: Patrick Giguère
Coup de théâtre. Les travaux de déboisement de l’ancien site militaire de Tracadie qui devaient reprendre lundi sont une nouvelle fois interrompus. Pour le moment, le ministère de l’Agriculture du Nouveau-Brunswick assure qu’il n’est pas question de reprendre les travaux de décontamination.
Ils étaient une vingtaine de protestataires à s’être rendu sur le site de l’ancien champ de tir à Tracadie mardi midi. Leur but : empêcher les abatteuses de raser la forêt qui recouvre les lieux.
« Ça n’a pas été long que je suis allé là pour avertir le gars des loaders de ne pas ouvrir le chemin parce qu’on ne voulait voir de machines couper du bois sur le camp militaire», lance sur un ton autoritaire Raynald Brideau.
Et leur message semble avoir été entendu par Fredericton puisqu’en fin de journée hier, le gouvernement provincial a changé son fusil d’épaule. Il a ordonné à la Défense nationale de cesser les travaux de déboisement. Il s’agit de la deuxième fois en un an.
« On est content, mais ce n’est pas gagné encore parce que la ministre de l’Agriculture, Margaret Johnson, n’a pas encore averti qu’elle allait annuler le projet de bleuet sur le camp militaire.»
«On souhaite que ça soit une victoire à long terme et non d’une victoire d’une journée », espère le député de Tracadie-Sheila, Keith Chiasson.
Sous les ordres du gouvernement provincial, qui est propriétaire de l’ancien site d’entrainement militaire depuis 1997, la Défense nationale devait reprendre les travaux d’abattage d’une superficie d’environ 39 hectares de forêt. Elle devait aussi poursuivre le retrait des restes d’explosifs d’entrainement jusqu’à l’automne prochain. Certains citoyens ont des inquiétudes quant à la coupe à blanc et des effets néfastes que cela peut entraîner.
«Le message qui doit être passé au sein du gouvernement qu’un moment donné qu’il doit avoir un arrêt à tout ça. Ce sont nos forêts, là santé. Ça nous touche tous», mentionne une citoyenne.
« Il y a en a assez des bleuets! Pourquoi toujours en avoir ? Ils en veulent tout le temps plus. Et nous autres c’est rendu qu’il n’y a plus de bois, plus rien. Quand il n’y aura plus de bois, qu’est-ce qu’il va arriver ?», se demande un homme.
Dans un courriel, le porte-parole du ministère de l’Agriculture affirme qu’à« l’heure actuelle, il n’est pas question d’une date de reprise des travaux de décontamination impliquant l’enlèvement d’arbres sur la propriété.» Le député de Tracadie-Sheila se réjouit, d’autant plus que le temps joue contre les ouvriers.
« Cette machinerie la peut être seulement utilisée l’hiver. Parce qu’au printemps et à l’été le sol est trop mou donc ça fait beaucoup plus de dégâts. S’ils ne font pas le travail maintenant ils vont perdre une autre année ce qui est bonne chose pour les opposants du projet », explique-t-il.
Keith Chiasson rappelle que les opposants ne sont pas contre l’industrie du bleuet, mais veulent plutôt conserver le site choisi indemne.
« C’est une industrie qui est quand même assez présente dans la région mais le sentiment c’est qu’on est saturé. Il y a des champs de bleuet un peu partout. »
Une autre manifestation se tiendra ce dimanche à l’intersection des chemins Tommy et Leech. Comme à l’image des entrainements des forces armées qui se sont déroulés sur le site pendant une cinquantaine d’années les opposants sont prêts et n’en démordent pas.