Agression sexuelle : 10 ans d’attente pour un procès
Publié le 5 septembre 2017 à 15:13, modifié le 13 septembre 2017 à 10:03
Par: CIMTCHAU
Une jeune femme, qui a déjà vécu plusieurs années à Edmundston, dénonce les délais du système judiciaire. Roxanne Roy, qui aurait subi une agression sexuelle, a dû attendre près de 10 ans avant que son présumé agresseur doive faire face à la justice. Elle a choisi de partager son expérience sur les réseaux sociaux.
L’attente aura été longue. Le procès du présumé agresseur de Roxanne Roy s’est amorcé en juin dernier, plus de dix ans après qu’elle ait porté plainte aux policiers. «La seule chose que je voulais c’était de compter mon histoire à la juge que ce soit mis entre ses mains à elle et que je ne sois plus toute seule avec mon secret. C’était tout le temps la lenteur du système judiciaire qui me faisait frustrer», partage-t-elle.
Les agressions se seraient produites à deux reprises alors qu’elle avait six et dix ans et qu’elle demeurait dans la péninsule acadienne. Diverses raisons ont fait en sorte que les procédures n’ont pu aller de l’avant plus tôt. «Ça a été très dur et très long. Un moment donné je voulais tout abandonner. Maintenant que le résultat est là, je suis bien contente et je referais n’importe quand», assure Roxanne.
Depuis l’ouverture du procès, la jeune femme de 21 ans partage ce qu’elle vit au tribunal dans des vidéos en direct sur Facebook. «Sensibiliser les gens aux procès, aux agressions, à ce à quoi ça peut ressembler d’aller en cour», explique-t-elle.
Elle s’est notamment adressée aux internautes après avoir témoigné en cour, le 30 juin dernier. «Ça été très émotif comme journée, même sur le banc des témoins j’ai fondu en larme quand je racontais mon histoire à la juge», témoigne-t-elle.
En plus de déplorer la lenteur du processus judiciaire, Roxanne Roy dénonce le manque de soutien pour les victimes. «Si je prends mon exemple à moi, ça a pris 10 ans. Après 1 an de thérapie, je n’avais plus de session, je n’avais plus d’aide, je n’avais plus rien, relate-t-elle. Ça été plus difficile pour moi parce qu’il fallait que je vive avec cela toute seule.»
L’accusé dans cette histoire, David Murphy, devrait témoigner lors la prochaine comparution prévue le 2 octobre prochain au palais de justice de Caraquet.