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Déchets de la pêche : L’industrie devra s’ajuster

Publié le 3 novembre 2022 à 16:37, modifié le 3 novembre 2022 à 16:37

Par: Félix Côté

Des quantités astronomiques d’engins de pêche sont perdues ou abandonnées dans les eaux canadiennes. Les fils, filets, casiers et cordages représentent 70% de tous les micros plastiques dans les océans en termes de poids. Ces engins fantômes menacent également la baleine noire.

La pollution de la mer engendrée par l’industrie de la pêche est importante au Canada. Dans la dernière année seulement, 4 105 engins ont été perdus selon Pêche et Océans Canada.  Le pire secteur de l’industrie est celui du homard qui représente 80 % des engins égarés. Une donnée qui n’épargne pas les pêcheurs madelinots.

« Les casiers vont crocheter dans le fond et on ne peut pas les lever. Le courant, et la mauvaise température, et la grosseur des bateaux font que de temps en temps on les casse », mentionne le président, regroupement des pêcheurs et pêcheuses des côtes des îles (RPPCI), Charles Poirier.

C’est le Québec qui présente le pire bilan avec 1829 unités d’engins perdus, ce qui correspond à 44.5 % des pertes pour l’ensemble du pays. Pour le homard, ce sont principalement des cages qui restent coincées dans les fonds rocailleux. Les câbles utilisés actuellement par les homardiers possèdent une résistance de 2000 lb. Les mesures de protection de la baleine noire pourraient justement provoquer une diminution de la résistance des câbles, ce qui devrait accentuer la pollution.

« Si on y va avec ce que le gouvernement veut nous obliger qui est des 1700 livres tests, on va les perdre plus facilement et il y aura beaucoup plus d’engins fantômes à récupérer », conclue le président de RPPCI.

Pour protéger la baleine noire, le gouvernement américain veut imposer des restrictions à l’industrie canadienne. Le mammifère est menacé par les engins fantômes qui sont perdus par les pêcheurs. Washington requiert un câblage moins résistant pour que les baleines puissent briser les engins. La demande s’appliquerait dans tous les secteurs de la pêche : du poisson au crustacé.

« Il y a une variété de modifications des engins de pêche et on est toujours en train de développer nos analyses pour informer l’approche pour certaines activités de pêche. Donc, ça ne sera pas qu’une seule solution qui fonctionne pour tout le monde, pour toutes les pêches dans tout l’est du Canada », explique la gestionnaire de la modification des engins de pêche de Pêche et Océan Canada, Andrea Morden.

Une autre alternative proposée a été de devancer la période de la pêche. Cet ajustement permettrait d’atteindre les quotas plus rapidement avant l’arrivée des baleines.