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Fusions municipales au Nouveau-Brunswick : La réforme aux frais des contribuables?

Publié le 11 octobre 2022 à 17:14, modifié le 11 octobre 2022 à 17:27

Par: Félix Côté

Le cadre financier de la réforme municipale au Nouveau-Brunswick manque de précision selon plusieurs regroupements municipaux, ce qui inquiète les maires.

Les différentes fusions municipales imposées par la réforme demandent une restructuration importante du cadre financier. Le ministre de la Réforme de la gouvernance locale, Daniel Allain a rencontré l’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick en fin de semaine. Il propose une somme totale de 75.6M$ par année sur cinq ans, soit un gel des compensations pour aider les nouvelles entités.

« Ils ont enlevé de l’argent de la péréquation que les municipalités recevaient, et surtout les plus faibles et c’est avec cet argent-là, qu’ils nous ont enlevé, qu’ils veulent payer une partie de nos services. Donc, en réalité c’est nous autres, nos citoyens qui vont payer pour la réforme. C’est-à-dire, que le gouvernement on n’injecte pas de nouvel argent dedans », relève le président de l’Association Francophone des Municipalité du Nouveau-Brunswick, Yvon Godin.

Le ministre Allain a aussi annoncé qu’il était prêt à poursuivre le dialogue, à condition que les municipalités se penchent sur leurs budgets pour revoir l’évaluation foncière. CHAU a tenté de rejoindre le ministère à maintes reprises, mais n’a pas réussi à lui parler directement.

De son côté l’Union des municipalités du Nouveau-Brunswick souhaite l’adoption de trois mesures. Financer à 50% les nouvelles responsabilités municipales des entités après fusion. Instaurer une péréquation entre les municipalités, et offrir une compensation à celles qui présenteront un déficit après l’exercice. Les Villes ne veulent pas que la facture de la réforme soit refilée à leurs citoyens.

« C’est pour ça qu’il y a un gel. Mais, en même temps, pourquoi aller geler, quand ils n’ont même pas fini leur fiscalité municipale. Leur revue de la réforme de fiscalité municipale. C’est ça qui est le gros dossier », mentionne le maire de Campbellton, Ian Comeau.

Pour restructurer financièrement les nouveaux gouvernements de manière équitable, le gouvernement s’est donné 5 ans et il prévoit évaluer la situation progressivement. En revanche, les candidats qui se présenteront aux élections dans un mois et demi ont l’impression de se lancer dans l’inconnu. Il est difficile pour eux d’évaluer quel sera le budget de 2024.

« Là on prépare les budgets. Oui le budget de 2023 va être un très beau budget. Parce qu’ils vont s’en assurer (le gouvernement), comme pour démontrer aux gens, que : Ça ne coûte pas cher la réforme, les nouveaux services, que ça ne coûte pas cher. Mais, comment ça qu’en 2024, ce n’est pas le chef de transition, ce n’est pas le ministre, ou la province qui va approuver le budget. C’est les municipalités, les conseillers, les maires qui vont préparer ces budgets-là », remarque M. Comeau.

L’Association Francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick tiendra une rencontre en fin de semaine pour faire le point sur la situation. Les élections ont lieu le 28 novembre, d’ici là il reste encore des questions auxquelles le gouvernement devra répondre.