Lac Témiscouata : la présence de moules zébrées suscite de vives inquiétudes
Publié le 20 septembre 2022 à 17:07, modifié le 20 septembre 2022 à 17:07
Par: Catherine Pellerin
La découverte de moules zébrées dans le lac Témiscouata a eu l’effet d’une bombe. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a confirmé la présence de cette espèce envahissante pour la première fois au Bas-Saint-Laurent. Une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui ont à cœur la santé du lac.
C’est un riverain qui en a fait la découverte récemment, et ses doutes ont malheureusement été ensuite confirmés par l’OBV du fleuve Saint-Jean et le ministère.
Alors que tous les efforts étaient concentrés à contrer le myriophylle à épis, voilà qu’un nouvel ennemi menace ce joyau du Témiscouata.
« En fait, il y en aurait dans plusieurs secteurs du lac Témiscouata. Il y a des endroits où il y a en moins que d’autres, mais on est encore au tout début. On n’a pas encore fait le tour du lac », explique Anne Allard-Duchesne, directrice de l’OBV du fleuve Saint-Jean.
L’objectif n’est pas d’être alarmiste, mais l‘organisme confirme que la présence de ce mollusque est extrêmement préoccupante.
L’ajout de plusieurs stations de lavage pour les bateaux n’aura pas suffi à protéger le lac de cet indésirable, qui se propage de façon exponentielle.
« La moule zébrée, des fois, les larves sont très, très petites, donc on ne les voit pas. C’est beaucoup de la sensibilisation, c’est beaucoup un travail à faire tous ensemble. C’est que chacun prenne ses responsabilités, lave ses embarcations et lave son matériel », affirme Mme Allard-Duchesne.
Une fois que le mollusque s’installe, il est pratiquement impossible de l’éradiquer.
« On va tout faire là pour travailler le concert avec le ministère de la Faune et des Parcs. Il faut prendre ça très au sérieux », assure le préfet, Serge Pelletier.
Des impacts importants
Prolifération de cyanobactéries ou de plantes aquatiques, les moules zébrées modifient l’écosystème. Elles envahissent les plages, et leurs coquilles sont coupantes pour les baigneurs. Elles peuvent aussi endommager les quais ou les prises d’eau potable municipales.
D’autres plans d’eau de la région sont maintenant à risque. Plus que jamais, il est demandé de laver les embarcations et tout le matériel qui entre en contact avec l’eau.
Ceux qui rangent actuellement leurs quais pour l’hiver sont invités à bien les examiner et à contacter le ministère s’ils font la découverte de cette moule.
Un plan d’action
« La priorité, ça va être vraiment d’éviter qu’elle se transfère dans d’autres lacs autour. Ne pas perdre espoir pour le lac Témiscouata, parce qu’il existe quand même des façons d’essayer de la contrôler donc aux moins certains endroits », déclare la directrice de l’OBV du Fleuve-St-Jean.
Lutter contre cette espèce envahissante nécessite souvent des investissements majeurs. Des décisions devront être prises.
La MRC compte déjà notamment ajouter d’autres stations de lavage pour les embarcations, à proximité d’autres lacs ailleurs sur le territoire.
Des analyses sont en cours pour connaître l’étendue du problème et déterminer également quels sont les secteurs les plus contaminés.
Un plan d’action sera ensuite mis en place. Il sera possible d’en savoir plus dans quelques semaines, lors de la rencontre d’information prévue pour les citoyens.