Le ministère des Transports révèle son plan d’action pour favoriser le transport aérien provincial à moindre prix
Publié le 19 avril 2022 à 18:08, modifié le 20 avril 2022 à 14:26
Par: CIMTCHAU
Le ministère des Transports a dévoilé hier Le Plan québécois de transport aérien régional, une initiative qui vise à inciter les Québecois à voyager à travers leur province et ce, à coûts réduits.
Cette annonce du ministre François Bonnardel propose un plafonnement du tarif des vols régionaux à 500$ maximum.
« L’accès à notre territoire, à nos régions, doit être considéré comme un service essentiel. Notre objectif avec le plan est de stimuler la demande », affirme-t-il.
Le Plan vise ainsi à maximiser le potentiel d’attraction de chacune des régions du Québec afin de faire mousser l’économie locale.
La fréquence des vols sera aussi revue à la hausse, selon le ministre des Transports.
« La fréquence des vols en régions isolées pourra être augmentée afin d’assurer une fréquence de desserte minimale lorsque celle-ci sera jugée trop faible et déficiente », explique François Bonnardel.
Le ministre des Transports a aussi annoncé la prolongation des programmes d’urgence permettant de soutenir les transporteurs aériens en raison de la COVID, et ce, jusqu’en 2023.
Les réactions
L’annonce en a fait réagir plus d’un. Les opinions des divers acteurs concernés sont généralement positives.
L’Union des municipalités du Québec (UMQ) salue les mesures prises par le ministère des Transports. Selon l’Union, l’annonce du ministre assure de meilleures perspectives pour l’industrie dans les mois et années à venir, au bénéfice des citoyennes et citoyens et des acteurs socioéconomiques.
« Depuis 2016, l’Union a travaillé activement pour des tarifs aériens plus compétitifs, pour davantage de concurrence et pour des infrastructures aéroportuaires de qualité. Aussi, dans un contexte totalement défavorable aux déplacements, on a fait beaucoup durant la pandémie, et ce, avec tout le milieu économique. Aujourd’hui, on ressent que le transport aérien est devenu une priorité pour le gouvernement du Québec et qu’il est considéré à sa juste valeur, comme un vecteur de développement pour nos régions. Maintenant, j’ai confiance que le transport aérien régional se développe et devienne durablement un mode efficace, accessible et flexible », a soutenu le président de l’UMQ et maire de Gaspé, monsieur Daniel Côté.
Le ministre Bonnardel a aussi annoncé la bonification et l’élargissement du Programme de réduction des tarifs aériens (PRTA) pour les résidentes et résidents des régions excentrées et les touristes. Cette dernière mesure était une demande de longue date de l’Union, qui réclamait plus de souplesse pour de meilleurs tarifs sur les billets d’avion.
L’Alliance de l’industrie touristique du Québec accueille elle aussi avec enthousiasme l’annonce.
« Les visiteurs doivent pouvoir accéder à des modes de transport fiables, fluides, sécuritaires et abordables pour favoriser l’accès à des expériences touristiques partout au Québec. Notre lecture indique que le programme qui sera mis en place le 1er juin va simplifier la vie du consommateur, stimuler la demande, accroître les volumes, prolonger la saison touristique en région et mieux répartir les clientèles. Il représente un incitatif supplémentaire pour explorer le Québec et profiter d’une offre touristique unique au monde », déclare le président-directeur général de l’Alliance de l’industrie touristique du Québec, Martin Soucy.
La Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) et la Chambre de commerce et d’industrie Baie-des-Chaleurs abondent dans le même sens. Pour s’assurer de l’atteinte des objectifs, elles tiennent à préciser qu’il serait nécessaire de maintenir un suivi étroit quant à l’impact des mesures mises en place non seulement sur le prix, mais sur le volume de passagers et sur la rentabilité des lignes aériennes régionales, suivi qui pourrait se faire par une analyse annuelle au sein du comité de suivi auquel la FCCQ et la CCIBDC « voudront contribuer ».
« Il s’agit de sommes importantes consacrées au transport aérien régional pour les prochaines années. Ce que l’on souhaite est clair, il faut que les solutions présentées par le gouvernement permettent des vols régionaux à des prix plus compétitifs, entre autres pour les gens d’affaires des quatre coins du Québec, tout en s’assurant que les transporteurs ne soient pas déficitaires dans leurs opérations », ont affirmé Charles Milliard, président-directeur général de la FCCQ et Maurice Quesnel, directeur général de la CCIBDC.
Le syndicat des 29 agent(e)s de bord travaillant chez Pascan, l’une des compagnies aériennes desservant les régions du Québec, se dit heureux de l’annonce, mais souhaite que cet argent public soit investi dans des compagnies qui embauchent des gens d’ici.
« Nous croyons également qu’un plan à long terme devrait être envisagé par le gouvernement. Que se passera-t-il quand il n’y aura plus d’argent dans l’enveloppe? Allons-nous revenir à la case départ? », se questionne toutefois Jesse Vigneault, président du SCFP 5490.
Le député des Îles-de-la-Madeleine, chef parlementaire et porte-parole du Parti Québécois en matière de transports, Joël Arseneau, a pour sa part tenu à attirer l’attention sur le fait que si les consommateurs bénéficieront à court terme de meilleurs tarifs, le problème de fond demeure : la fréquence des vols, la disponibilité des sièges et la pérennité de l’offre ne sont pas assurées.
« Encore une fois, le gouvernement de la CAQ demeure dans l’esbroufe et les apparences, dans les solutions à courte vue. Oui, à partir du 1er juin prochain, les voyageurs devraient avoir droit à un tarif avantageux, mais auront‑ils des sièges et des itinéraires adéquats et, le cas échéant, pour combien de temps? », a demandé le député des Îles‑de‑la-Madeleine.