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Soutien à domicile : c’est ce que veulent les aînés !

Publié le 23 mars 2022 à 16:40, modifié le 8 avril 2022 à 10:05

Par: Nathalie Des Groseilliers

Plusieurs études le confirment : les aînés du Québec veulent rester le plus longtemps possible dans leur maison. Mais pour que cela puisse se faire, ils ont besoin  de soutien à domicile. Pourtant, le budget Girard, déposé hier, privilégie les logements regroupés telles les maisons des aînés.

« Les personnes âgées à domicile, on les oublie, pis on les oublie facilement-là. Ils sont invisibles dans le système, on s’occupe nettement plus, et on l’a entendu beaucoup pendant la pandémie, on parlait  de résidences pour personnes âgées, on parlait de CHSLD, mais on parlait très peu de personnes à domicile », s’inquiète André Richard, directeur de Multi-services, une corporation sans but lucratif d’aide à domicile.

« J’aime bien mieux rester à la maison que d’aller dans une maison pour personnes âgées-là. »

Monsieur Thériault n’est pas le seul à émettre ce souhait. En Gaspésie, les statistiques le confirment.

« Oui, les statistiques démontrent que 90%, comme vous le dites, plus ou moins, demeurent toujours à domicile. Et c’est leur volonté aussi de demeurer à domicile le plus longtemps possible. (…) Bien entendu à condition qu’ils aient des services de proximité », souligne Renée Blouin, directrice de la de la FAQOQ Gaspésie-les-Îles-de-la-Madeleine.

Au Québec, plusieurs organisations sont impliquées dans les services et soins à domicile. Mais pour offrir ce soutien aux personnes âgées, il faut des moyens.

« Il faut augmenter les services un peu partout, autant au CLSC, autant en économie sociale, autant dans les organismes communautaires comme nous », estime la directrice régionale de la FADOQ.

Le directeur de l’entreprise d’économie sociale, Multi-services, à Grande-Vallée, chiffre ce besoin : «Je faisais un calcul un peu baveux, je vais le dire vraiment comme ça, donc, nous on demande, on demandait un investissement majeur de 18 millions pour les soins à domicile. Et 18 millions, c’est à peu près ce que ça coûte pour pouvoir faire une maison des aînés pour 18 personnes. Mais avec 18 millions avez-vous pensé au nombre de personnes qu’on pourrait desservir à domicile et pour lesquelles les services seraient encore accessibles? », questionne-t-il.

Selon les intervenants du milieu, les sommes allouées ne sont pas bien réparties. Dans le budget Girard, 1,5 milliard de dollars est accordé aux maisons des aînés et alternatives. Pour le maintien à domicile, on bonifie le taux du crédit d’impôt remboursable de 35% en 2021 à 40% pour 2026.

Le fardeau financier tombe trop souvent sur les frêles épaules des personnes âgées.

« Les soins à domicile, à l’exception des soins d’assistance personnelle qui sont assumés par le CISSS, le reste-là, le client, il paie pour ses services. Il y a des programmes pour l’aider, mais on investit pas dans ces programmes-là. Et nos personnes âgées, y en n’ont pas d’argent! »,  souligne le directeur de Multi-services.

Le sous-financement des services de maintien à domicile entraîne une pénurie de main-d’œuvre et un problème de rétention du personnel.

« Il faut absolument qu’il y ait un investissement majeur pour bonifier les conditions de travail du personnel pour faciliter le recrutement et la fidélisation aussi », considère André Richard.

Julie Landry, travailleuse de milieu pour les aînés, discute avec M. Thériault qu’elle est venue aider pour ses documents d’impôts : «Avec le temps, on a développé un lien de confiance tous les deux », lui dit-elle.  Monsieur Thériault se tourne vers nous : « Quand j’ai des problèmes, j’y téléphone. Pis quand j’ai besoin de parler, ben, c’est une personne de confiance. »

En terminant, soulignons qu’en 2031, le quart de la population québécoise aura 65 ans et plus.