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Prime aux infirmières : Une annonce qui ne règlerait pas le cœur du problème ?

Publié le 24 septembre 2021 à 16:43, modifié le 24 septembre 2021 à 16:43

Par: Francis Gallant

L’annonce faite par le gouvernement Legault d’une prime pouvant atteindre les 18 000 dollars pour contrer la pénurie d’infirmières en Gaspésie, suscite des questionnements. L’incitatif ne viendrait pas nécessairement remédier au problème de main-d’œuvre.

L’annonce du cadre budgétaire de 1,2 milliard de dollars pour 5 régions éloignées est plutôt bien reçue par les professionnels de la santé, mais demeure néanmoins discutable.

« Ça démontre que le gouvernement a une volonté d’améliorer les choses, la question c’est est-ce que ce sera suffisant ? », débute Pierre-Luc Bujold, président du syndicat des infirmières.

 

 

La prime peut être un incitatif, mais ne s’attaque pas au cœur du problème selon le député des Îles-de-la-Madeleine et porte-parole du PQ en matière de santé.

« On passe à côté de la cible parce que ce sont les conditions de travail auxquelles il faut s’attaquer », selon Joël Arseneau.

Plusieurs questions demeurent sans réponse, notamment sur la gestion des agences.

« Le temps supplémentaire obligatoire par exemple, on dit qu’il va le réduire, mais on ne donne pas d’objectif, pas de cible à atteindre, aussi le recours aux agences qui va continuer d’être monnaie courante. On va réduire par contre peut-être l’attractivité des agences en voulant les faire davantage travailler de nuit, c’est un vœu », s’exclame Joël Arseneau, porte-parole en matière de santé.

Une révision salariale entre le privé et le système public serait considérable.

« L’agence privée gagne vingt pour cent de plus de salaires que les gens qui sont sur le terrain, est-ce que l’incitatif sera à la hauteur, nous avons des doutes », exprime Pier-Luc Bujold.

D’autres aspects sont à revoir.

« Si on continue d’avoir un système de santé à deux vitesses ou on finance à coup d’un milliard de dollars le privé, pour nous faire concurrence et qu’on doit injecter un milliard de dollars pour retenir la main-d’œuvre, écoutez c’est un système qui est absurde », ajoute Joël Arseneau.

Les infirmières demandent meilleures conditions pour concilier le travail et la famille.

« C’est sûr que nous en tant que syndicat de la Gaspésie, on va y participer activement, on a déjà beaucoup de solutions qui ont été proposées au CISSS de la Gaspésie dans le passé qui avait été refusé, mais on va remettre les choses sur la table. Il va falloir que les bottines suivent les babines » termine Pier-Luc Bujold.