Prévisions météo
État des routes
Marées
Faire défiler
Faire défiler
Faire défiler

Nouvelles

Pénurie de main-d’œuvre : des restaurants ferment, des hôteliers sont à bout de souffle

Publié le 30 juillet 2021 à 16:54, modifié le 30 juillet 2021 à 17:04

Par: Guillaume Cotnoir Lacroix

La pénurie de main-d’œuvre est devenue critique dans l’industrie touristique. Des restaurants ferment leurs portes ou coupent leurs heures d’ouverture. Les hôteliers aussi, sont à bout de souffle. Rien pour aider, le gouvernement fédéral vient d’annoncer que la Prestation canadienne de relance économique était prolongée jusqu’au 23 octobre.

À Saint-Hilarion, les copropriétaires du casse-croûte Chez Monica, Jean-Marc et Hermance Perron, ont décidé que l’heure était venue de passer à autre chose. Pour la première fois depuis leur ouverture il y a 30 ans, le casse-croûte fermera ses portes dès dimanche. La pénurie de main-d’œuvre explique à elle seule la décision.

« On est en train de se rendre malades et ma fille aussi. Ma fille, elle, elle nous surveille tout le temps et là, elle nous a dit vous travaillez trop, vous travaillez trop. », explique Jean-Marc Perron, copropriétaire.

Les deux propriétaires ont bien tenté, par l’entremise d’annonces sur Facebook, de recruter du personnel pour éviter de fermer. « Il y a des gens qui pensent que travailler dans un casse-croûte, ce n’est pas payant. On paie. C’est rendu qu’on paie de très bons salaires, mais personne ne vient quand même. Ça ne donne rien », poursuit Jean-Marc Perron, qui indique ne pas savoir si son restaurant rouvrira dans le futur.

La situation était devenue insoutenable pour les deux entrepreneurs, tous deux âgés de 73 ans.

« C’était un passe-temps pour nous autres, mais là, quand ça commence à être une obligation, on ne s’amuse plus! » – Jean-Marc Perron, copropriétaire du casse-croûte Chez Monica

À Témiscouata-sur-le-Lac, Marie-Lyne Michaud a elle aussi décidé de mettre la clé sous la porte de son bistro L’Intrigue, et pour de bon.

« Avec trois employés, donner un service, c’est épeurant. Le matin, je me lève et je ne sais pas si je vais être obligée d’aller travailler, faire la cuisine ou remplacer la serveuse, alors que j’ai déjà ma charge de travail ailleurs », se désole-t-elle. Celle qui est aussi propriétaire de deux restaurants Tim Hortons a expliqué que des problèmes de délais avec ses fournisseurs ont aussi pesé dans la balance dans sa décision.

Les dirigeants de l’hôtel Universel de Rivière-du-Loup ont eux aussi toute la misère du monde à recruter leurs employés. À notre arrivée, la vice-présidente, Joanna Lortie, avait ses gants bleus et s’affairait à nettoyer les chambres. « J’ai fait 21 jours en ligne. J’ai eu une journée de congé mercredi et là je suis repartie », souffle-t-elle.

Son directeur de l’hébergement, Martin Lévesque, est lui aussi appelé à nettoyer les chambres à l’occasion. « Le travail des cadres, c’est d’amener un roulement, de répondre à certains éléments de la clientèle, mais pas nécessairement de faire des chambres, mais là, pour le moment, c’est ce qu’il faut faire », avoue-t-il.

L’hôtel Universel a déjà annoncé que des travailleurs marocains se joindront à leur équipe cet automne. Pour la première fois, Marie-Lyne Michaud fera elle aussi appel à l’immigration pour combler les emplois disponibles dans ses deux autres restaurants au Témiscouata.

« Il y a des entrevues avec lesquelles on a pu parler et choisir nos employés. Je te le dis, ces gens-là ils ont tellement hâte d’arriver. Ils pleuraient tellement ils étaient contents! », raconte Mme Michaud, qui accueillera six Philippins parmi ses employés.

« On s’est tourné vers l’immigration, il y a déjà quelques mois, qu’on a commencé ce processus-là, mais il va sûrement falloir l’agrandir. Définitivement », de conclure Martin Lévesque, qui a déjà embauché des Haïtiens il y a plusieurs années.