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Pêche automnale : les homardiers disent non

Publié le 13 juin 2018 à 15:10, modifié le 13 juin 2018 à 15:10

Par: Annie Levasseur

Pour répondre aux inquiétudes des pêcheurs gaspésiens et acadiens à la suite de la fermeture d’une importante zone de pêche cette semaine, le ministre Dominic LeBlanc propose une pêche automnale.

Les membres de l’Union des pêcheurs des Maritimes refusent catégoriquement cette proposition. « Je ne peux pas comprendre qu’un gouvernement et qu’un ministre des pêches proposent des choses comme ça », exprime le président de la zone locale de l’Union des pêcheurs des Maritimes, Réjean Comeau.

La proposition du fédéral viendrait, selon l’Union des pêcheurs des Maritimes, nuire aux efforts de conservation de la ressource qui portent ses fruits depuis quelques années. « Ça met à risque notre ressource. Le homard que l’on pêcherait l’automne est le petit homard que l’on jette à l’eau aujourd’hui. Il va muer et il va être prêt. Ce serait comme de faire deux saisons en une », explique Réjean Comeau.

65 pêcheurs de Miscou devront changer de zone de pêche à compter de vendredi. Certains craignent des altercations entre pêcheurs. « Ça n’a pas de bon sens de faire tout ça pour des baleines. C’est bien beau de protéger les baleines, mais il faut qu’on gagne notre vie. On a juste deux mois pour gagner notre vie et ils barrent des zones de pêche depuis ce printemps », affirme un pêcheur, Denis Haché.

Le député fédéral d’Acadie-Bathurst affirme qu’il est trop tard pour changer les règles mises en place par son gouvernement. « On veut faire en sorte que les mesures soient plus flexibles l’an prochain, mais cette année on ne peut pas reculer. Je sais que ce n’est pas évident pour personne cette année, mais il faut se tenir ensemble », mentionne Serge Cormier.

Des pêcheurs pourraient même aller jusqu’à défier les règles Pêches et Océans et continuer de pêcher dans les zones interdites. L’Union des pêcheurs des Maritimes, elle, veut poursuivre les discussions avec Ottawa. « Au début, on parlait des baleines qui faisaient pitiées. Aujourd’hui, c’est toute la population qui est en otage. Ce ne sont plus les baleines qui sont en danger, c’est l’économie de la Péninsule acadienne, ce sont les travailleurs d’usine et les pêcheurs », indique Réjean Comeau.

Le député Serge Cormier assure que le ministère prévoit des sanctions sévères pour ceux qui ne respecteront pas les règlements. Il ajoute que l’accès au marché américain pourrait en souffrir. « Il y aura des conséquences énormes sur l’industrie au complet. Le monde entier nous regarde. De prendre une chance de laisser des casiers à l’eau et de défier la loi pour que l’on n’ait plus accès à ces marchés-là, ce serait toute la communauté qui en souffrirait », dit-il.

Les pêcheurs prévoient manifester jeudi devant le bureau de Serge Cormier.