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Denis Picard reconnu coupable de meurtre prémédité

Publié le 30 mars 2021 à 13:34, modifié le 30 mars 2021 à 17:19

Par: Guillaume Cotnoir Lacroix

Le jury a tranché, Denis Picard est reconnu coupable du meurtre prémédité de Colette Émond, 75 ans, de La Pocatière.

Il est condamné à une peine d’emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Les membres du jury n’ont pas mis de temps à en venir à un consensus. Ils avaient débuté leurs délibérations lundi après-midi.

« Là, on va faire notre deuil. On ne pensera plus aux prochaines dates. On en a eu tellement », a lancé Alain Saint-Onge, le fils la victime, en référence aux nombreux reports dans ce dossier. Plusieurs membres de la famille ont tenu à remercier les procureurs, les policiers, les enquêteurs et tous ceux qui les ont supportés au cours des dernières années.

La procureure de la Couronne, Me Manon Gaudreault, a salué la décision. « Le jury a fait un travail remarquable et on est très satisfaites du verdict rendu », a-t-elle lancé avec un large sourire.

À la suite de son arrestation en 2017, Denis Picard a été initialement accusé de meurtre au deuxième degré. Or, la Couronne a modifié ce chef pour celui de meurtre prémédité après que de nouvelles preuves aient démontré qu’une agression sexuelle avait aussi été commise.

« On n’avait pas les analyses scientifiques qui nous permettaient de savoir qu’il y avait de l’ADN de madame sur monsieur, et de l’ADN de monsieur sur madame. C’est quand on a eu les résultats de ces analyses scientifiques là qu’on a été en mesure de comprendre qu’il y avait eu une agression sexuelle. » -Me Manon Gaudreault, procureure de la Couronne

Récit des événements

Picard, aujourd’hui âgé de 58 ans, a été arrêté à son domicile de La Pocatière le 5 juin 2017. Il avait avoué quelques minutes plus tôt à sa femme qu’il venait de frapper une dame avec un pot de fleurs et qu’il était « dans la marde ».

Le corps de Colette Émond, 75 ans, a été trouvé chez elle dans une mare de sang, à quelques minutes à pied du domicile de Picard. Elle est décédée après avoir reçu de multiples coups au visage avec deux objets contondants.

Picard avait collaboré avec les policiers en présentant ses poignets lors de son arrestation et en demandant de se faire menotter. Il avait alors pointé un pot de médicaments sur sa table de cuisine. Un enregistrement présenté à la cour a démontré que c’est lui qui a demandé à son ex-conjointe de composer le 911.

Aux policiers et à son ex-conjointe Sonia Castonguay, Picard avait expliqué avoir rencontré une dame à l’épicerie qui lui devait de l’argent pour un contrat de peinture. Cette dame lui aurait proposé de venir chez elle le jour même pour le payer, et aurait offert de le payer en nature une fois l’accusé arrivé. « Ça mal finit », a-t-il dit aux policiers.

La Couronne prétendait que Denis Picard s’était introduit chez Colette Émond sous de faux prétextes, qu’il l’avait agressé sexuellement et qu’il l’avait tué en lui assénant plusieurs coups à la tête.

De l’ADN de la victime avait été décelé à l’intérieur du caleçon de Picard. À l’inverse, l’experte biologiste Jacinthe Prévost avait également révélé que de l’ADN de l’accusé avait été trouvé sur les seins de Colette Émond. Aucune trace de lésion traumatique n’a été observée sur les parties génitales de la victime.

Colette Émond a été décrite par l’un de ses fils comme étant délicate et énergique, elle qui était autonome et aimait particulièrement faire son marché et magasiner.

Denis Picard devra également se soumettre à une ordonnance lui interdisant de posséder des armes à feu à perpétuité et à une ordonnance de prélèvement de substance corporelle pour analyse génétique.

Denis Picard dispose maintenant de 30 jours pour décider s’il porte sa cause en appel. Ses avocats ont refusé de commenter le verdict.