Dans la peau d’un travailleur routier grâce à la réalité virtuelle
Publié le 3 septembre 2026 à 13:43, modifié le 3 septembre 2026 à 17:47
Par: Patrick Giguère
À Pointe-à-la-Croix, les automobilistes ont été invités ce matin à voir la route… avec les yeux d’un travailleur routier. Une expérience de réalité virtuelle leur a permis de découvrir, en quelques minutes, les dangers auxquels sont exposés quotidiennement ceux qui travaillent au cœur des chantiers.
Un casque de réalité virtuelle et deux manettes : c’est tout ce qu’il faut pour prendre conscience des dangers auxquels sont exposés les travailleurs routiers.
« Malheureusement, ça arrive. Ce sont de vraies situations de travail qui sont arrivées, de vrais événements qui sont survenus », explique Guillaume Maheu, conseiller en santé et sécurité au travail du Syndicat des fonctionnaires du Québec.
Quatre scénarios sont proposés aux curieux.
« On est sur la route, on installe des balises de signalisation, puis il y a des voitures qui passent proche. Il y a des citoyens qui nous crient des insultes. Il y a des citoyens qui nous lancent des objets. On peut vivre différents événements, on peut se faire frapper si on est distrait », raconte-t-il.
« Oui, on arrive à l’automne, mais il y a encore des chantiers qui vont avoir lieu sur les routes en Gaspésie. C’est vraiment un rappel de dire aux gens que c’est de leur responsabilité de faire attention lorsqu’on arrive aux abords des chantiers », rappelle Sophie Gaudreault, la porte-parole du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Parce que malgré les campagnes de sensibilisation, encore trop souvent, des travailleurs sur les chantiers de construction sont victimes d’accidents.
« À chaque année, il y a toujours onze ou douze décès, et toujours autour de 750 à 800 événements qui surviennent sur les chantiers », déplore M. Maheu.
Après l’expérience, la prise de conscience est bien réelle, affirme Guillaume Maheu.
« Quand tu te mets à la place d’un travailleur qui est dans un chantier routier, les gens font : “OK, je ne pensais pas que les voitures passaient vite comme ça. Je ne pensais pas qu’ils se faisaient crier des insultes et lancer des objets.»
Respecter les limites de vitesse, la signalisation et le corridor de sécurité : des gestes simples qui peuvent sauver des vies.
« Ce que l’on veut, c’est que ces gens qui sont là pour gagner leur vie puissent la garder et puissent retourner à la maison en fin de journée », dit Mme Gaudreault.
Le kiosque se déplacera vendredi à la halte routière municipale de la Brèche-à-Manon de Grande-Rivière.
Le mois prochain, ce sera au tour des étudiants de l’école Antoine-Bernanrd et de la formation professionnelle de Carleton-sur-Mer d’être sensibilisé aux risques liés au travail routier.