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Crise autochtone : les producteurs agricoles s’organisent

Publié le 28 février 2020 à 17:28, modifié le 28 février 2020 à 17:36

Par: Fabienne Tercaefs

Les effets collatéraux des blocus ferroviaires se font de plus en plus sentir sur nos régions. Des agriculteurs doivent s’organiser notamment pour nourrir leurs bêtes.

Le tourteau de soja, c’est en quelque sorte, l’or blanc de la nourriture animale. «Il rentre dans la composition de plusieurs aliments et ça pourrait devenir problématique», explique Bernard Labrie, producteur laitier à Kamouraska.

Les livraisons arrivent désormais par camion. Les agriculteurs n’en manquent pas encore mais leurs réserves sont limitées. « Lundi ce n’était pas possible d’en avoir, il n’y en avait pas sur le marché de disponible. Après ça c’est venu en quantité un peu plus limité. En tous cas on ne sait pas pour combien de temps encore on va être capable d’en avoir encore en qualité limité», ajoute Jean-Luc Laplante, producteur laitier à Saint-Germain-de-Kamouraska. «Présentement on a du stock pour 8 semaines. C’est certain qu’on surveille ça. Le blocus devrait se lever avant la fin de nos stocks on espère », renchérit l’agriculteur.

La coopérative Avantis qui fournit de nombreuses fermes a informé les  producteurs qu’ils obtiendront leurs livraisons au compte-goutte.« A la place de commander des grosses quantités comme on est habitués de recevoir, on va avoir des quantités nécessaires pour que tout le monde puisse en avoir », affirme Bernard Labrie.

Si les agriculteurs ne sont pas inquiets, ils doivent quand même penser à des solutions alternatives. « J’avais prévu de vendre de la Luzerne qui est plus riche en protéine sauf que là je n’ose plus la vendre parce que dans un mois si je n’ai plus de tourteau de soja ou canola, il faudra que j’alimente avec les fourrages que j’avais prévu de vendre » raconte Jean-Luc Laplante qui s’inquiète aussi sur l’évolution des prix : «Quand j’ai acheté mon stock en début de la semaine, ça n’avait pas bougé encore, sauf qu’on peut s’attendre à ce que ça augmente rapidement.»

La problématique de nos producteurs agricoles a été soulevée à Ottawa cette semaine. Le député fédéral de  Montmagny–L’Islet–Kamouraska–Rivière-du-Loup  a pris la parole devant ses collègues de la Chambre des Communes :« Jean-Luc Laplante, un producteur laitier de mon comté comme beaucoup d’autres d’ailleurs attend impatiemment une livraison de tourteau de soja, une protéine essentielle à la survie de son troupeau animal. La situation est catastrophique, les trains ne passent plus, les camions sont pleins et ça coûte encore plus cher par camion. Qu’est-ce que le premier ministre attend pour faire exécuter la loi ? »

Si le conflit dure, les engrais, semences et autres produits pour les récoltes pourraient aussi manquer.